Les Grèbes à cou noir ont une obsession : se retrouver ensemble pour nicher. C’est un gage de réussite de la reproduction, depuis la persuasion à couver jusqu’au succès de l’envol des jeunes. Certes, il y a quelques légers accrochages entre les individus, mais la territorialité reste beaucoup plus pacifique que chez le Grèbe huppé. Le Grèbe castagneux, quant à lui, adopte un comportement intermédiaire, puisqu’il peut nicher en colonies, mais beaucoup plus lâches, avec des distances importantes de tolérance entre les couples et de plus fréquentes « castagnes ». 

Depuis le poste n°2, nous apercevons souvent une dizaine de Grèbes à cou noir vaquer ensemble à leurs occupations ; quatre nids ont d’ailleurs été construits à quelques mètres les uns des autres. C’est un oiseau qui cherche aussi la sécurité des colonies de mouettes, car les laridés peuvent éloigner les prédateurs ailés comme les rapaces ou la Corneille noire. Les Fuligules milouins et morillons apprécient également cette bruyante présence. 

Longtemps le Grèbe à cou noir a niché de manière isolée sur les plans d’eau du Parc, mais le taux de réussite des couvées et nichées s’avérait très faible. Etre ensemble est gage d’avenir pour lui : une belle leçon de solidarité !

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Jean Bail