Parfois rares, souvent drôles, toujours de bon augure : découvrez ici les oiseaux qui nous ont rendu visite

Les grandes marées d’équinoxe annoncées à la mi-septembre ont tenu leurs promesses. La foule d’oiseaux venus de toute l’Europe, comme celle des visiteurs, étaient au rendez-vous aux poste 4 et 5.

Concernant les “grands limicoles”, 7330 Huîtriers pies originaires des Pays-Bas ou d’Allemagne du Nord, 1936 Courlis cendrés norvégiens, finlandais ou polonais, et 645 Barges à queue noire surtout venues d’Islande étaient sur le reposoir pour quelques instants d’activités de confort (semi-sommeil, toilette…). 

Du côté des “petits limicoles”, on dénombrait 156 Bécasseaux maubèches dont certains provenant potentiellement de la baie d’Hubson au Canada et plusieurs centaines de Bécasseaux variables et Grands gravelots scandinaves… Toute la diversité du peuple migrateur, toute la richesse de la diversité. 

Et pour les adeptes des espèces rares, un Phalarope à bec large et un Bécasseau falcinelle ont montré le bout de leur bec ! Pour ce dernier, il s’agissait de la troisième observation en 53 ans sur le Parc de ce petit échassier originaire de Russie et hivernant en… Afrique de l’est ! Plaisirs des yeux, voyages entre mangroves, toundras, taïgas et oueds, partagés entre guides et visiteurs férus d’ornithologie ou novices… Car les valeurs du vivant sont universelles !

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Antoine Hennion, Foucauld Bouriez

Le genre1 Corvus est inclus dans la famille des Corvidés, eux-mêmes appartenant à l’ordre des Passereaux. Corvus désigne les Corneilles noires et Corneilles mantelées, les Corbeaux freux et Grands Corbeaux ou encore les Choucas des tours, et exclut les geais, pies ou chocards qui sont d’autres Corvidés. Partons à la découverte de ce genre fascinant…

Arc-en-ciel noir

Les Corvidés sont nombreux à posséder des plumes aux couleurs iridescentes2. Ces couleurs, dites structurelles, changent en fonction de la position de la source lumineuse, de l’observateur et de l’observé. Ainsi les pies et les chocards renvoient du bleu, d’autres oiseaux encore renvoient du mauve ou du vert, tels les Vanneaux huppés ou certains canards.

Et bien sachez que les oiseaux du genre Corvus ne sont pas en reste ! Admirez simplement les reflets sur ce Choucas des tours.

Grands Corbeaux, Choucas des tours, même Corneilles noires et Corbeaux freux possèdent aussi un plumage à la couleur structurelle, qui n’apparaît donc que dans certaines conditions. Cela dit, ces couleurs sont exacerbées par la vision des oiseaux eux-mêmes, qui ont une perception du spectre lumineux plus large que la nôtre.

Toutes les nuances de noir ne sont pas équivalentes : le noir mate des merles et des pics est fait pour se camoufler dans les forêts et sous-bois ; le noir brillant et irisé, notamment des Corvus, est fait pour être vu et reconnu de loin, idéal lorsque l’on est un être sociable et coopératif.

Des êtres sociaux

Société et coopération sont les clefs de la résilience des Corvus ! C’est un caractère convergent de l’évolution que nous avons en commun avec eux. D’ailleurs, s’ils supportent si bien les changements que nous leur imposons, c’est en partie grâce à leur grande coopérativité. Ils communiquent et s’entraident pour la recherche de nourriture, d’habitats ou même d’autres congénères. 

Mieux encore, chez les Grands Corbeaux notamment, toutes les relations ne se valent pas. Bien sûr, les partenaires d’un couple entretiennent un lien particulier. Ils ont aussi des congénères avec qui ils ont plus ou moins d’affinités, et se rappellent de la qualité de leurs relations passées. C’est à bien des égards semblable à des amitiés comme les nôtres.

Leur manière de communiquer est elle aussi riche et complexe. La variété de leurs vocalises dépasse encore notre capacité de compréhension. Nous avons aujourd’hui quelques preuves de leurs « phrases », déjà surprenantes malgré notre ignorance à ce sujet. En effet, les Grands Corbeaux – encore eux ! – sont capables d’assigner un son particulier pour désigner un individu de leur entourage, ce que nous pourrions presque qualifier de « prénom » de notre point de vue d’humains.

Des groupes de corneilles ont été testées sur la reconnaissance des visages. Pour cela, un scientifique portait un masque et adoptait un comportement agressif avec elles. Eh bien dès son retour, les corneilles lançaient des cris d’alerte. Plus surprenant encore, d’autres individus non concernés ont suivi le mouvement. En définitive, les Corvus sont en capacité de désigner des individus, y compris d’espèces différentes. Ils sont également capables de reconnaître les subtils détails d’un visage et surtout ils savent communiquer des informations complexes, notamment grâce à leurs cris. Ils méritent donc bien leur place parmi les passereaux, oiseaux à l’organe vocal très développé.

Parfois casaniers, parfois voyageurs 

Une fois bien installés, ils peuvent rester sur le même territoire dès lors qu’ils y trouvent tout ce dont ils ont besoin : nourriture, abris, relations… Mais parfois, une instabilité perturbe l’équilibre : froid extrême, concurrence alimentaire, prédation ou chasse. À la suite de quoi, même adultes, ils peuvent entreprendre une migration erratique3 à la recherche d’un territoire plus accueillant. Ainsi, le froid et la faim peuvent parfois motiver le départ de nicheurs du nord ou de l’est de l’Europe, qui fuient temporairement vers le sud-ouest.

Un autre cas existe du côté des corneilles par exemple. Elles qui habituellement vivent seulement en couple ou en famille, peuvent occasionnellement se rassembler pour chercher de la nourriture en équipe, tels des choucas. Elles peuvent aussi faire des centaines de kilomètres avant de s’installer. Cela démontre par ailleurs l’inefficacité des campagnes de destruction de l’espèce, car une place vacante sera très vite occupée de nouveau par des erratiques.

Finalement il est bon d’admirer de nouveau des oiseaux jugés parfois peu esthétiques, parfois communs. Ils dissimulent en eux, sous un plumage terne et des cris rauques, leur biologie passionnante et leurs personnalités hautes en couleurs. 

Texte et illustrations : Fabian Many

  1. Genre : groupe d’espèces proches qui ont des ressemblances (un peu comme le nom de « famille »). Les Corvus sont communément des oiseaux noirs intelligents, omnivores et sociables, adaptés à tous les milieux. ↩︎
  2. Iridescent : qui semblent changer de couleur selon l’angle de vue ↩︎
  3. Migration erratique : Déplacements irréguliers et imprévisibles d’un oiseau, sans trajet ni période fixe. ↩︎

Les grandes marées d’été ont tenu leurs promesses, amenant avec elles des milliers d’oiseaux limicoles sur le Parc… et une jolie surprise !

Le 29 août flotte une ambiance de fin d’été : les nuages bas contrastent avec ces longues semaines estivales de ciel bleu. La marée est haute en début d’après-midi ; le coefficient n’est pas très important, mais le vent d’ouest apporte une surcote1 favorable. 

Les pluies de ces derniers jours ont recouvert le reposoir2 de marée haute du poste 4 d’une fine couche d’eau. Double aubaine pour les centaines “mini limicoles3” que sont les trois espèces de gravelots et les bécasseaux qui trouvent à la fois un endroit pour se reposer (à peine quelques secondes…) et surtout se nourrir frénétiquement. 

Et dans ce joyeux tumulte alimentaire, au milieu des Bécasseaux variables au plumage disparate – du nuptial encore impeccable à celui de juvénile – se glisse une surprise : un jeune Bécasseau falcinelle s’est invité au festin ! Ce petit limicole (30 à 35 grammes) passe rarement en Europe de l’ouest – seules quelques dizaines d’observations en France par an – du fait de son trajet très oriental. Nicheur4 en Scandinavie et en Sibérie, il va en effet passer l’hiver en Afrique de l’Est, en Arabie et jusqu’en Asie du Sud-Est… Un sacré globe trotteur ! 

Il est plutôt facile à déterminer avec un look très “dessin animé” : bec arqué quelque peu difforme, masque rayé à la tête, il est plus petit et moins “speed” que le Bécasseau variable. L’espèce n’a été observée que deux fois sur le Parc en 1986 et en août 2000… il y a déjà 26 ans ! 

Ce fut un plaisir de pouvoir voir également de très près deux Bécasseaux de Temminck. Au poste 6, toutes les espèces de goélands étaient au rendez dont deux Goélands leucophées et un jeune Goéland pontique, laridé5 de l’est de l’Europe qui est devenu une espèce à part entière. Et au final en fin de journée un vol de 10 Ibis falcinelles survole le site pour venir se poser sur le littoral à l’estuaire de la Maye…

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Pierre Aghetti

Les définitions du jour :

  1. Surcote : Hausse temporaire et exceptionnelle du niveau de la mer, ↩︎
  2. Reposoir : Lieu temporaire (un îlot, une prairie…) où se reposent les oiseaux le temps de la marée ↩︎
  3. Limicole : Oiseau – aux longues pattes, bec souvent fin et allongé – vivant près des milieux humides et se nourrissant généralement en fouillant la vase ou dans l’eau à la recherche d’invertébrés. ↩︎
  4. Nicheur : Oiseau qui construit un nid et élève ses petits dans une zone donnée pendant la saison de reproduction ↩︎
  5. Laridé : Famille d’oiseaux regroupant les mouettes, les goélands, les sternes. ↩︎

Lundi 10 août, à marée haute, avec un temps d’un calme royal et un petit vent contraire de nord-est, le premier juvénile de Phalarope à bec étroit est repéré par Lucie Gavois, brillante alternante en BTS Gestion et Protection de la Nature. D’habitude ce petit limicole (18 centimètres) est coutumier du Parc quand il y a de gros coups de vent en mer. On ne pensait vraiment pas à lui ce jour !

Le Phalarope à bec étroit est un petit échassier nichant en Scandinavie et en Russie, avec quelques rares couples en Ecosse. Il migre en haute mer, pour ensuite traverser l’Europe par les terres en direction de la mer Noire et de la mer Caspienne et aller hiverner en groupe le long des côtes du  Golfe persique (Mer d’Oman, Golfe arabique…) et dans l’Océan indien… Un sacré et bien étrange périple migratoire en boucle ! Quant à ceux qui nichent en Islande, ils traversent l’océan atlantique puis longent les côtes américaines, pour hiverner au large du Pérou ! Une vraie gageure au prix du carburant ! Mais quel exploit pour ce limicole du genre minus – il ne pèse que 25 à 50 grammes, soit à peu de choses près le poids d’un Moineau domestique (30 g) ! Les Chevaliers guignette qui passent à côté de lui paraissent presque  “obèses”, et les Bergeronnettes grises se sentent valorisées  !

Comme tous les membres de sa famille, il a aussi une autre particularité rare : le mâle est moins coloré que la femelle, puisque celle-ci parade et est polyandre, laissant à monsieur le soin de s’occuper seul de la couvée et de l’élevage rapide des poussins. 

Notre globe-trotteur a aussi une autre particularité, celle de nager activement en rond comme une toupie en provoquant des tourbillons pour faire remonter les micro-invertébrés en surface. Un vrai hyperactif ! Il a tout finalement pour être parfait, efficace et moderne à l’image de notre société… 

Celui présent devant le poste 2 toute la journée – pour le plaisir des nombreux visiteurs estivants – était particulièrement cabotin, faisant de continuels allers et retours à la nage entre deux points dont seuls lui connaissait les limites précises, pour se gaver des foules d’invertébrés à la surface de l’eau.

Observé tous les ans et demi de 1973 à 1993 sur le Parc, ce phalarope est vu maintenant quasiment chaque année de 1994 à 2025. Comme au niveau national, la majorité des données concerne la migration postnuptiale. Mais les observations de printemps augmentent aussi (8) s’étalant du 28 avril (1986) à la mi-juin. Avec le réchauffement climatique, les périodes de forts vents augmentent, obligeant les oiseaux à fréquenter de plus en plus le Parc comme zone refuge. Le Marquenterre est devenu un des lieux les plus réguliers en France (où seuls une cinquantaine d’oiseaux sont observés par an) pour voir ce joli petit limicole. 

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Antoine Hennion

Depuis le 10 juillet et jusqu’au 7 août, ce sont déjà 12 Cigognes noires qui ont été observées en migration au-dessus du Parc, profitant des constants vents d’est indispensables à leur observation sur notre littoral. Ce sont pratiquement toujours des juvéniles, les adultes ne déviant pas de leur vol qui traverse le centre et l’est de la France. À la faveur de ces bonnes conditions, elles filent plein sud et sans s’arrêter, direction le nord du Burkina-Faso ou le Niger, la destination finale d’hivernage. 

Quelques oiseaux souvent isolés peuvent passer la nuit sur le site pour repartir dès le lendemain matin.  Les oiseaux ont tendance à passer de plus en plus tôt en migration postnuptiale avec un pic d’observation se décalant fin juillet (au lieu de mi-août dans les années 1990) et maintenant une quasi absence de données pour septembre, et encore moins en octobre ! 

Les Cigognes noires remontent de plus en plus tôt sur leur site de reproduction dans le nord-est de la France – quelques couples nichent en Thiérache et dans l’Avesnois pour les Hauts-de-France -, les Ardennes belges et l’Allemagne. Les juvéniles qui sont très majoritaires à l’ouest de notre couloir de migration s’émancipent donc plus tôt. Mais il sera peut-être encore possible d’observer des migratrices “automnales” puisque la donnée la plus tardive sur le Parc est le 17 octobre 2016 et même le 10 novembre 2014 ! Cette espèce normalement très forestière est en extension en Europe, avec une petite centaine de couples nicheurs en France.

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Stephen Larooze

Évènement ornithologique sur notre littoral : un immature de Pygargue à queue blanche est de nouveau observé au parc du Marquenterre le 1er juillet. Depuis 1973, date de création du Parc, c’est la première observation en juillet de ce grand rapace encore rare en Europe. 

S’il est devenu régulier depuis une dizaine d’années en hivernage, on ne note qu’une seule observation au printemps (le 10 mai 2003) et une en été (du 23 août au 10 septembre 2015). Cela montre que l’espèce est en augmentation comme nicheur en Europe, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne, d’où proviennent la majorité des oiseaux vus en baie de Somme en hiver et en migration en mars. Seuls 8 à 9 couples nichent en France, en grande majorité sur les grands lacs de Lorraine, avec des couples isolés en Brenne et en Sologne. 

Les guides du parc du Marquenterre géré par le Syndicat Mixte Baie de Somme commencent à apprendre à bien connaître le comportement de ce grand aigle (jusqu’à 2,40 mètres d’envergure et 7 kilos pour les femelles plus grandes que les mâles). Posé sur un arbre mort, la tête est toujours en mouvement et les yeux perçants scrutent la moindre proie potentielle. Qu’une éclaircie apparaisse ou le discernement d’une prédation facile, et il se met en chasse de son vol lent et puissant. Certains guides l’ont croisé à quelques mètres au-dessus de leur tête sur les sentiers, cela « décoiffe » ! Olivier Buffet, coordinateur à la Maison de la Baie de Somme, parle de « paquebot volant ». Il se nourrit aussi bien d’oiseaux d’eau, que de rats musqués ou de poissons et est bien volontiers charognard. 

La présence en stationnement prolongé du Pygargue est strictement liée à l’existence de vastes zones humides, peu dérangées et très riches en densité de proies. L’oiseau au vol lent échoue en effet souvent dans ses captures d’oiseaux d’eau et cherche de grands territoires où les proies faciles abondent. Il est en cela un indicateur de la qualité et de la richesse d’un milieu, un « label rouge » en quelque sorte, ce qui est très valorisant pour notre région. 

Cela récompense des années d’efforts de protection et de gestion du site du Conservatoire du Littoral et justifie la renommée de notre région pour le tourisme ornithologique. C’est une belle surprise pour l’anniversaire des 53 ans du Parc qui a ouvert au public le 1er juillet 1973. 

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Foucauld Bouriez

Autre article sur le sujet

Il y a quelques jours, dans les ourlets dunaires à proximité du chemin des calèches, un passereau coloré à la poitrine jaune citron avec un manteau vert foncé et au bec rouge se fait entendre. C’est son chant qui le caractérise le plus. Il s’agit de l’Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta). Il est capable d’imiter de nombreuses espèces. Quand on l’entend, on reconnaît la trille du Phragmite des joncs et les gazouillements du Moineau friquet.

Quelques jours auparavant, son cousin l’Hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), avait été entendu au même endroit. C’était un nicheur plus répandu en Picardie.  

L’Hypolaïs polyglotte vit dans les milieux xérophiles – habitats où se développe une végétation résistante à la sécheresse. Mais avec le changement climatique, il élargit son aire de répartition, concurrençant petit à petit son cousin l’Hypolaïs l’ictérine. 

Il est insectivore, mais il peut agrémenter son régime alimentaire en été par des fruits, riches en glucides. C’est idéal pour reprendre des forces lors de sa grande migration.

En effet, ce cousin des rousserolles, appartenant à la famille des acrocéphalidés, hiverne depuis le sud du Sénégal jusqu’au Cameroun. Pas mal pour seulement 11 à 12 grammes ! Il arrive sous nos latitudes à partir de fin mai début juin.

L’Hypolaïs polyglotte bâtit un nid à faible hauteur dans des prunelliers ou des ronciers par exemple. Il est fait d’herbes sèches et garni parfois de crins de chevaux. La femelle y pond entre trois et cinq œufs qu’elle couve pendant treize jours. Elle peut faire une seconde couvée.

Texte et illustration : Foucauld Bouriez

En juin, les mâles de Coucou gris continuent de chanter, mais le concert va rapidement toucher à sa fin. De retour début avril, les chants se sont vite intensifiés avec le retour un peu plus tardif des femelles. Les derniers retentiront fin juin et deviendront exceptionnels début juillet. 

La reproduction, qui se limite à la ponte des femelles polyandres, est des plus rapides. Les jeunes sont pris en charge par les parents hôtes, qu’ils soient localement plutôt sédentaires comme les Troglodytes mignons ou les Accenteurs mouchet, ou grands migrateurs transsahariens comme les rousserolles ou les Phragmites des joncs…

Mais pas de répit pour les squatters ! Grâce aux émetteurs posés par les ornithologues britanniques et hollandais, on sait que dès fin juin et l’arrêt du chant, les mâles de Coucou gris sont déjà en marche ailée vers l’Afrique ; certains ont déjà gagné à cette époque l’Afrique du Nord en passant par Gibraltar, ou par la voie orientale par la Corse ou la Sicile ! 

Le coucou voyage seul de nuit, en faisant une longue halte estivale au Sahel, notamment au Sénégal, avant de rejoindre le sud du Cameroun jusqu’au Gabon, l’Angola et la République Démocratique du Congo ! Les jeunes de l’année vont surtout partir dans la dernière décade d’août et début septembre, voyageant aussi seuls pour rejoindre les mêmes zones que leurs parents… qu’ils n’ont jamais connus ! 

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Vincent Caron

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