Insectes et autres petites bêtes

À vos loupes ! Ici, nous nous plions en quatre pour vous présenter les secrets fascinants des petites bêtes : insectes, araignées, escargots… Sortez de votre coquille, et venez visiter leur monde extraordinaire ! Bonne lecture… 

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L’actualité migratoire est en ce moment focalisée sur le passage tant attendu des Cigognes noires. Mais il y a aussi des migrateurs plus petits et moins rares qui peuvent aussi attirer l’attention. Lundi 3 août, ce sont un minimum de 17 Piérides de la rave (Pieris rapae) qui sont passées en migration au point de vue, survolant le Parc du nord vers le sud, pour ensuite traverser la baie de Somme. 

Ce papillon blanc aux taches noires sur les ailes (deux taches postdiscles à l’aile antérieure pour la femelle, une seule pour le mâle) est bien connu des jardiniers… et de leurs choux, dont rafole sa goulue petite chenille verte aux points jaunes sur les flancs.  

Cette piéride, très commune, est connue pour effectuer des migrations régulières et directionnelles, se déplaçant vers le nord en avril mai, et vers le sud en août septembre. Ces déplacements de papillons adultes renforcent l’extension de populations et permettent de coloniser de nouveaux territoires, ou de fuir localement des conditions défavorables. L’espèce est prolifique : elle peut développer 3 à 5 générations sur l’année en fonction de son aire de répartition. Elle hiverne à l’état de chrysalide.

Si vous voulez conjuguer une bonne potée de choux et des vols enjoués de papillons dans le jardin, un petit truc : choisissez de sacrifier quelques choux repiqués à l’écart du potager, où vous transporterez régulièrement les chenilles de piérides qui boulottent votre production réservée de délicieux crucifères… Chacun aura ainsi son restaurant et son plaisir des yeux ! 

Même si l’espèce est encore très abondante, rappelons-nous le sort du Gazé (Aporia crataegi), cet autre papillon blanc veiné de noir, lui aussi de la famille dynamique des Pieridae. Il était abondant dans la Somme dans les années 1960, et je l’ai encore connu enfant dans la vallée des Evoissons. Il est aujourd’hui très probablement éteint dans notre région… et c’est avec plaisir que je l’ai revu cet été, dans la vallée de la Tarentaise à 1600 mètres d’altitude dans une friche de prunelliers et d’aubépine… Bien loin de nos larris picards…

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Cécile Carbonnier

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