A plumes

Envie d’en savoir plus sur les opérations de baguage et autres suivis naturalistes effectués sur la Réserve naturelle ? Ouvrez l’écrin de nos études scientifiques ! Bonne lecture !

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Comme chaque année, on les attend aux postes 1 ou 2 lors de notre tour matinal du Parc pour sonder la quiétude des lieux, noter observations et comportements… et faire quelques menus bricolages. On espère retrouver leur miaulement caractéristique en vol, cri de contact indispensable de reconnaissance entre les partenaires. 

La première fut entendue précocement le 17 février, et 8 le 25 de ce mois, toutes en déplacement vers le nord. Potentiellement, l’oiseau hiverne sur toutes les côtes ouest de la France… sauf en baie de Somme ! Mystère que nous essayons toujours d’élucider. Pourtant elle est présente à cette période en baie de Canche ou sur les côtes boulonnaises… Beaucoup d’oiseaux vont aussi hiverner sur les côtes ibériques, jusqu’au Maroc. 

Il faut attendre début mars pour voir des oiseaux se poser sur nos potentiels îlots de nidification préparés cet hiver. Après la prédation par un renard sur la colonie en 2024, les oiseaux – comme c’est souvent le cas après la non production de jeunes – ne sont pas revenus nicher en 2025 sur le site. Il peut s’écouler ainsi plusieurs années avant le retour d’une colonie détruite. Quand ils n’ont pas encore construit de nid, ces mouettes ne sont là que le matin. 

Pour l’instant un maximum de 16 oiseaux a été noté le 20 mars. Et c’est alors l’occasion de revoir de vieilles connaissances… en inspectant leurs pattes à la longue vue pour y découvrir une bague colorée. A l’heure actuelle, c’est Baptiste Mimaud qui gagne le prix « oeil de lynx » avec trois contacts dont deux vieilles copines qui sont passées entre nos mains quand elles étaient poussins à la « crèche » de la colonie de la Maison de la Baie à Lanchères, où a niché avec succès une colonie de 2014 à 2016. 

  • Bague verte RT8K baguée poussin le 28 juin 2016 à la Maison de la Baie. Elle n’est contactée qu’à partir de 2019 où elle hiverne en janvier au Portugal à Azurara près de Porto. Petite escale de 4 jours fin mars 2019 au polder Sebastopol sur l’île de Noirmoutier en Vendée pour être revue au Marquenterre le 9 mai 2019. Elle n’est ensuite de nouveau revue qu’en 2021 (elle a tout le même le droit d’avoir son intimité !) pour hiverner cette fois au Portel près de Boulogne (problème financier probablement empêchant un séjour plus méditerrranéen…). Elle revient au Marquenterre du 29 mars au 16 avril sans y nicher, et est notée le 29 septembre 2021 à Saint Vincent du Jard en Vendée. Pas de nouvelles en 2022, année sabbatique… En 2023 elle reste sur le Parc du 8 au 21 mars. Une seule donnée en 2024 à Noirmoutiers le 27 juin. Absente des radars en 2025 pour un retour d’observations en Zélande hollandaise le 10 mars 2026 pour finalement revenir juste une journée au Marquenterre le 26 mars 2026.

 

  • Bague verte RTH7 baguée poussin le 28 juin 2016 à la Maison de la Baie. Moins cachotière ou plus « people » que la précédente, elle est observée tous les ans . En 2016 elle prend de courtes vacances estivales dans la Manche à Saint Pair sur Mer (les juvéniles ont un petit budget) du 31 août au 26 septembre. Cela a dû être profitable puisqu’en 2017 elle y revient du 21 juin au 7 octobre, tout comme en 2018 du 14 juin au 25 septembre où elle est notamment souvent notée sur la plage du Casino (de là à parler d’addiction…) . Le 22 février 2019, elle est contactée en Galice espagnole à San Ciprian, probablement un lieu de halte migratoire (à moins qu’elle n’ait gagné au casino…). En 2019 elle est notée sur la grande colonie du polder Sébastopol à Noirmoutier du 29 mars au 21 avril. Sa présence dès le 1er juillet jusqu’au 7 septembre peut laisser penser qu’elle n’a peut-être pas réussi sa reproduction. En 2020  un séjour habituel du 19 juillet au 29 septembre à Saint Pair sur Mer. 2021 va nous apporter de nouvelles connaissances : elle est à Saint Pair du 27 août au 14 septembre, le 5 novembre elle est notée plus au sud sur la plage de Binic dans les Côtes d’Armor et le 27 décembre on découvre son site d’hivernage aussi à Azurara près de Porto au Portugal ! En 2022 elle sera dès le 22 juin et jusqu’au 4 octobre à Saint Pair laissant penser à une reproduction non réussie. En 2024 l’observation du 18 mars à Terneuzen en Zélande pourrait supposer une potentielle reproduction aux Pays-Bas.  Le 9 décembre 2025 elle est sur la plage de Dafundo près de Lisbonne au Portugal. Elle est revue une journée au Marquenterre le 25 mars 2026… peut-être en route vers les Pays-Bas ? 

 

  • EA22 baguée adulte le 21 mai 2025 sur la grande colonie de Beveren en Flandres belge. Le 20 juillet 2025 il est à Lion sur Mer dans le Calvados, et dans la Manche du 2 au 15 novembre à Omonville (La Hague). Elle est observée une journée au Marquenterre le 12 mars 2026.

 

Nous avons longtemps pensé qu’en migration prénuptiale les multiples rapides déplacements des oiseaux entre les colonies européennes étaient dus à la recherche du site le plus favorable de nidification, notamment les grandes colonies dynamiques. Mais il s’avère que les oiseaux cherchent avant tout à trouver ou retrouver le partenaire idéal, d’où les stationnements très courts et les déplacements  aux multiples directions si l’élu n’est pas au rendez-vous….

Grand merci à Renaud Flamant qui a repris la coordination du groupe Mélanocéphale suite au brusque départ de notre cher ami Camille Duponchel, et à tous ces observateurs et lecteurs de bagues de ces étonnantes mouettes globe-trotteuses qui ont encore bien des surprises et des plaisirs de connaissances à nous dévoiler… pour les partager entre amis naturalistes sans frontières !

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Alexander Hiley

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Parfois rares, souvent drôles, toujours de bon augure : découvrez ici les oiseaux qui nous ont rendu visite. Bonne lecture !

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Il y a quelques jours, dans les ourlets dunaires à proximité du chemin des calèches, un passereau coloré à la poitrine jaune citron avec un manteau vert foncé et au bec rouge se fait entendre. C’est son chant qui le caractérise le plus. Il s’agit de l’Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta). Il est capable d’imiter de nombreuses espèces. Quand on l’entend, on reconnaît la trille du Phragmite des joncs et les gazouillements du Moineau friquet.

Quelques jours auparavant, son cousin l’Hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), avait été entendu au même endroit. C’était un nicheur plus répandu en Picardie.  

L’Hypolaïs polyglotte vit dans les milieux xérophiles – habitats où se développe une végétation résistante à la sécheresse. Mais avec le changement climatique, il élargit son aire de répartition, concurrençant petit à petit son cousin l’Hypolaïs l’ictérine. 

Il est insectivore, mais il peut agrémenter son régime alimentaire en été par des fruits, riches en glucides. C’est idéal pour reprendre des forces lors de sa grande migration.

En effet, ce cousin des rousserolles, appartenant à la famille des acrocéphalidés, hiverne depuis le sud du Sénégal jusqu’au Cameroun. Pas mal pour seulement 11 à 12 grammes ! Il arrive sous nos latitudes à partir de fin mai début juin.

L’Hypolaïs polyglotte bâtit un nid à faible hauteur dans des prunelliers ou des ronciers par exemple. Il est fait d’herbes sèches et garni parfois de crins de chevaux. La femelle y pond entre trois et cinq œufs qu’elle couve pendant treize jours. Elle peut faire une seconde couvée.

Texte et illustration : Foucauld Bouriez

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