Cette “écume” couleur blanc-crème déposée sur les bords des plans d’eau, et que l’on retrouve beaucoup sur les plages, est due au phytoplancton, plus précisément à une algue nanoplanctonique du genre Phaeocystis. Elle est également appelée “vert de mai”, en référence à son apparition au printemps, et à la couleur de l’eau.

Ces microalgues se regroupent en colonies de tailles volumineuses (de 10 µm à 3 mm), et s’englobent dans un mucus protecteur : ainsi, elles sont protégées contre le zooplancton – les copépodes par exemple, qui sont amateurs de phytoplanctons. Sans prédateur à l’horizon, Phaeocystis peut donc se développer très rapidement.

Mais comment ces algues, mesurant seulement quelques micromètres, peuvent créer de grandes étendues de mousse ?

Après avoir épuisé les nutriments nécessaires à son développement, la colonie se déforme et se désintègre : à la mort de celle-ci et avec une eau agitée, le mucus est émulsionné telle une mayonnaise. Le phénomène est accentué par l’intensité du remous des vagues et est déposé en grandes quantités sur les plages selon la force du vent ; la mousse ainsi formée et accumulée sur le sable peut atteindre plus d’un mètre de hauteur !

Sur les 6 espèces de Phaeocystis existantes, 3 sont capables de former de grands blooms * : Phaeocystis antartica (en océan Arctique), Phaeocystis pouchetti (dans les eaux froides de l’Arctique) et Phaeocystis globosa (en mer tempérées comme la mer du Nord).

Cela reste un phénomène naturel récurrent connu depuis longtemps, mais qui peut être accentué par les activités humaines et l’accumulation de nitrates et de phosphates dans l’eau.

* Bloom planctonique : prolifération du phytoplancton

Texte : Eugénie Liberelle / Illustrations : Cécile Carbonnier, Eugénie Liberelle, Nathanaël Herrmann