En mars, le Canard souchet est un des anatidés les plus présents sur le Parc. Plus de 500 individus peuvent être régulièrement comptés. C’est une période de grande activité pour cet oiseau à l’air toujours renfrogné, sa tête basse paraissant disproportionnée. Pour les mâles les plus âgés et les nicheurs méridionaux – dont deux ou trois couples sur le Parc – les couples sont déjà bien formés. Pour d’autres, c’est encore la période des parades : envols des mâles pour montrer aux femelles leurs belles “épaulettes” bleues, pompages et mouvements de tête caractéristiques afin de séduire leurs belles… Beaucoup de couples vont vite filer vers les sites de nidification du nord-est de l’Europe, et les mâles encore célibataires deviendront rapidement majoritaires. 

Seuls 2000 couples de Canard souchet nichent en France, principalement dans les marais de l’Ouest (Brouage, marais breton, Brière et Grand-Lieu…) et entre 30 à 50 000 couples en Europe, surtout aux Pays-Bas et en Finlande. De jeunes mâles de l’année dernière sont encore en mue avec un plumage peu rutilant… qui ne fera guère envie aux canes ! Pour eux, il faudra encore attendre l’hiver prochain pour espérer être en couple. Des regroupements alimentaires ont lieu par période de beau temps et de léger vent, les oiseaux tournant sur eux-mêmes pour créer un “tourbillon ascensionnel” permettant de faire remonter invertébrés et plancton végétal ou animal en surface. Le large bec plat muni de lamelles montrera ensuite toute son efficacité pour filtrer le repas.

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Jean Bail, Alexander Hiley