Une guêpe, c’est bien entendu jaune et noir… et ça pique ! Eh bien pas toujours ! Ainsi la Guêpe coucou ou Chrysis flamboyante (Chrysis ignita) est vraiment… flamboyante ! C’est une véritable petite splendeur de 3 à 10 mm de longueur. Le corps à de beaux reflets métalliques et cuivrés, bleus, violets ou verts sur le thorax, selon la lumière ; l’abdomen est rouge à rose rubis, ou encore orangé, toujours selon la luminosité. Une véritable œuvre d’orfèvre du vivant ! La surface inférieure est concave, rien à voir avec un “mini sympathique embonpoint” ; cela permet à l’hyménoptère de se rouler en boule – comme un cloporte – pour se préserver des prédateurs. Le thorax est protégé par une épaisse cuticule granuleuse, afin d’échapper au dard des autres guêpes que l’insecte peut parasiter.

En effet, comme la plupart des membres de la famille des Chrysididae, c’est une espèce parasite. Si l’adulte se nourrit du nectar des fleurs, la larve est bel et bien carnivore. La femelle recherche les nids de certaines guêpes maçonnes ou fouisseuses pour y pondre. Dès leur naissance, ces hyménoptères dévorent les œufs, les larves et les réserves nourricières de leurs malheureuses hôtes. Elles peuvent même opérer leurs crimes dans votre hôtel à insectes ! D’où le nom générique de “guêpe coucou”, finalement un bijou bien dangereux à fréquenter ! Les Anglais la nomment “ruby tailed wasp”, la guêpe à queue rubis. Rassasiée, la larve de notre parasite émergera au printemps prochain comme un bijou de guêpe toujours bien innocent et rutilant !

Sa présence semble régulière sur le Parc, où elle se chauffe souvent au soleil sur les rambardes et postes d’observation en bois. Il existe de nombreuses espèces de Chrysididae en France et en Europe, pas toujours faciles à distinguer entre elles.

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Soizic Maillet