À la croisée des chemins, nous sommes obligés de laisser la priorité à un longicorne bien lourdaud : le Lamie tisserand (Lamia textor). On ne peut pas dire qu’il soit stressé, se déplaçant lentement à un “train de sénateur”. Même s’il a des ailes sous sa solide carapace granuleuse, il ne semble guère les utiliser et je crois ne l’avoir jamais vu voler ! Finalement, il est du genre tranquille le matin, et pas du tout pressé le soir, ou au crépuscule. S’il peut être observé dès mars avril, au Parc nous le croisons surtout en juin ou juillet, notamment lors des sorties nature estivales en soirée, au grand plaisir des enfants !

Les adultes, grâce à leurs fortes mandibules – mais ils ne mordent pas ! – se nourrissent de l’écorce des jeunes rameaux de saules ou de peupliers. Les larves se développent durant 3 à 4 ans dans le bois mort de ces mêmes arbres des marais. Ce capricorne reste peu commun en Picardie ; comme tous les membres des Cérambycidés (230 espèces en France) il est particulièrement menacé par le manque de vieux bois dans des forêts surexploitées ou gérées à rotation courte. Il est même classé comme espèce protégée en Wallonie belge.

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Cécile Carbonnier