Les dernières séances de baguage aux mangeoires nous ont permis de baguer une superbe femelle d’Épervier d’Europe immature (voir photo ci-dessous). Ce rapace au vol fougueux apprécie de chasser en ces lieux où les passereaux abondent et semblent moins attentifs. Et lorsque vous entendez un sifflement court de la part des mésanges, c’est que le chasseur d’oiseaux n’est pas loin et a été repéré ! En hiver il peut même chercher sa nourriture dans les jardins en pleine ville.

Après avoir fortement diminué dans les années 1970, avant la protection des rapaces et l’interdiction de l’usage du dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), il a retrouvé des effectifs conséquents en France : aujourd’hui on compte environ 50 000 couples. Selon les années, deux à six individus utilisent le Parc comme territoire de chasse au printemps, nichant dans la pinède en périphérie. Cette espèce est en effet strictement liée à la densité forte de passereaux.

Or nous constatons déjà une présence plus faible de ce rapace ces trois dernières années, avec les printemps froids et humides très défavorables à la reproduction des oiseaux insectivores, tant au niveau local que national, cause naturelle fortement aggravée par la baisse drastique des densités d’insectes (base de la chaîne alimentaire) au niveau européen, due notamment à l’intensification de l’agriculture et à la perte des habitats liés à l’élevage extensif.

Texte : Philippe Carruette

Illustrations : Eric Penet, Philippe Carruette, Alexander Hiley