Où l’on gazouille, piaille et babille sur la vie de nos chers oiseaux

En ce moment sur le Parc du Marquenterre, un endroit idyllique pour travailler, vous entendez plusieurs espèces de passereaux comme le Pouillot fitis ou le mélodieux Rossignol philomèle. Mais il y a un chant qui vous interpelle peut-être par son caractère mélodieux remarquable, c’est celui de la Fauvette des jardins (Sylvia borin). Si la Fauvette à tête noire (Sylva atricapilla) n’hésite pas à s’installer à proximité de l’Homme, celle-ci est beaucoup plus discrète, à l’instar d’une autre de ses cousines, la Fauvette babillarde (Curruca curruca). En effet, c’est un oiseau plutôt forestier et buissonnier qui – contrairement à ce que laisse supposer son nom – a tendance à éviter les jardins anthropiques.

Son corps brun-gris donne à son plumage, un aspect général plutôt terne. C’est donc son chant qui la met en valeur. Il est moins flûté et beaucoup plus rapide que celui de sa cousine la Fauvette à tête noire. Mais quand on l’écoute, on sent qu’elle y met toute son énergie.

La Fauvette des jardins arrive au printemps pour construire un nid assez bas dans la végétation, à moins de deux mètres de haut. Il est en forme de coupe composée de tiges de plantes herbacées. La femelle y dépose quatre à six œufs couvés pendant onze à douze jours par les deux partenaires.

Son régime alimentaire est principalement constitué d’insectes et d’araignées attrapés dans les rameaux et les feuilles à proximité du sol. Mais elle le complète en été de baies et de fruits riches en glucides, très importants pour rejoindre ses quartiers hivernaux en Afrique tropicale et australe. Elle double littéralement son poids de 18 à 22 g, jusqu’à 30 grammes, autrement dit le poids d’un Moineau domestique (Passer domesticus).

Comme beaucoup de passereaux, elle effectue sa migration la nuit en se servant de la position des constellations afin de se guider. Elle fait le plein d’énergie au cours de sa migration en faisant des haltes régulières : ainsi, en Espagne et au Portugal, elle se gave de figues. La Fauvette des jardins fera également une halte au Maghreb, avant de franchir l’immensité du Sahara…

Texte et illustration : Foucauld Bouriez

Fin avril début mai est toujours une belle période pour croiser le chemin migratoire des trois espèces de guifettes qui passent brièvement au-dessus du Parc pour gagner le nord-est de l’Europe.

Samedi 3 mai, une Guifette moustac a passé toute la matinée à papillonner au-dessus du poste 2 pour capturer des insectes à la surface de l’eau, se posant par instants sur les bancs de sable pour se reposer, le bec dans les plumes du dos. Un adulte avait aussi été photographié le 18 avril.  L’espèce est irrégulière en migration sur le Parc. De 1973 à 1993, elle est observée cinq fois dont quatre en migration postnuptiale. De 1994 à 2024, elle fait l’objet de dix observations en migration prénuptiale du 20 avril au 11 juin, et quatre observations en migration postnuptiale du 7 juillet au 10 septembre.

Entre 3300 et 3400 couples nichent en France en colonie sur les grands lacs et étangs d’eau douce riches en végétation flottante, en Brenne, marais de Brière et lac de Grand Lieu, Dombes, Forez et Sologne. Après une nette augmentation des effectifs, une baisse sensible des couples nicheurs se produit depuis 2021.

La Guifette noire est plus régulière, et cette année quelques oiseaux ont déjà stationné sur les grands plans d’eau des postes 4 à 6 fin avril. Encore plus petite et fine que la moustac, ses papillonnements au-dessus de l’onde sont tout en grâce, et un vrai plaisir à suivre aux jumelles. Hélas les oiseaux ne restent souvent que quelques instants sur le Parc, avec un maximum de 36 oiseaux le 13 mai 2005 et 49 le 21 août 2016. Des juvéniles peuvent être observés jusque fin octobre.

Cette espèce est particulièrement en déclin en France, avec seulement 150 à 350 couples nicheurs, dont 80% sont sur le lac de Grand Lieu en Loire Atlantique, le reste étant en Vendée (réserve de Saint Denis du Payré), en Brenne et Sologne. Elles ont également une situation défavorable au niveau européen du fait de leur forte exigence écologique, les colonies s’installant sur de la végétation flottante.

Une troisième espèce, la Guifette leucoptère, qui niche en effectifs importants en Europe de l’est, n’a pas été vue sur le Parc en migration depuis 2020. Quatre observations ont eu lieu de 1973 à 1992 et douze de 1993 à 2024.

Toutes ces fragiles petites sternes d’eau douces vont surtout hiverner en Afrique de l’Ouest, notamment dans le Golfe de Guinée, mais aussi jusqu’en Afrique du Sud. Notons au passage que le terme “guifette” serait d’origine picarde ! Buffon, dans son Histoire naturelle des oiseaux, écrit ainsi : “Nous adoptons pour cette espèce d’hirondelle de mer le nom de guifette qu’elle porte sur nos côtes de Picardie”.

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Foucauld Bouriez

Alors que la saison de reproduction bat son plein, impossible de se déplacer sans être accompagné de chants d’oiseaux. Ils retentissent de toutes parts, transformant chaque chemin en véritable orchestre. Le Phragmite des joncs se laisse écouter en tout point du Parc, les Pouillots véloces et les Pouillots fitis rivalisent de leurs ramages au milieu des saules, et à ces chanteurs précoces sont venus s’ajouter Rossignol philomèle, Grive musicienne, et le métronomique Coucou gris, entre autres. Il est alors facile pour l’esprit de se perdre dans une contemplation musicale, entraînante et inspirante.

Nombre de compositeurs à travers les époques nous ont laissé dans leurs œuvres des preuves du dialogue incessant entre la nature et les arts, ici musicaux, alors embarquons aujourd’hui pour un tour d’horizon (non-exhaustif) des œuvres musicales inspirées de chants d’oiseaux, voire directement composées à partir d’eux.

Le nom d’Olivier Messiaen vient souvent à l’esprit lorsque l’on évoque les chants d’oiseaux dans la musique. En effet, le titre de son œuvre de 1959, Catalogue d’oiseaux, est très évocateur et ne laisse pas de doute possible quant à la source de ses pièces. Il faut néanmoins user de beaucoup d’imagination pour retrouver l’Alouette lulu, la Rousserolle effarvatte, ou encore la Bouscarle de Cetti entre les lignes des portées. Il le précisait d’ailleurs lui-même, il ne faut pas chercher l’oiseau seul dans les notes, mais aussi les provinces, les paysages, les couleurs…

Messiaen est cependant loin d’être le seul à s’être inspiré de nos voisins ailés, et ce sont de nombreuses espèces que l’on peut reconnaître plus ou moins distinctement au gré des œuvres musicales de ces derniers siècles.

Plongeons par exemple au début XIXème siècle, alors que le classicisme cède la place au romantisme et que les artistes se tournent vers la nature. Dans sa Symphonie n°6, dite Pastorale, Ludwig Van Beethoven cite directement sur sa partition le rossignol, la caille et le coucou, respectivement interprétés par la flûte, le hautbois et la clarinette à la fin du deuxième mouvement. Ces chants viennent compléter un tableau de scène au bord d’un ruisseau, où les cordes frottées imitent les ondulations des flots.

Toujours dans ce siècle du romantisme, en 1886, c’est au tour de Camille Saint-Saëns de proposer un véritable bestiaire avec le Carnaval des Animaux. Les oiseaux y ont la part belle, évoqués sur quatre des morceaux de cette suite. Dans « Poules et Coqs », les instruments de l’orchestre se livrent à une imitation inattendue de caquètements. Pour « Le Coucou au fond des bois »,  c’est à nouveau la clarinette qui est choisie pour répéter inlassablement (21 fois) la si reconnaissable tierce du fameux cuculidé, alors que le piano nous évoque les pas prudents de l’observateur qui tente de s’approcher discrètement de l’oiseau. « Volière » emmène l’auditeur au milieu d’un gracieux tourbillon de bruissements d’ailes et de gazouillis, grâce aux trilles de la flûte, doublée par le piano et soulignée par les trémolos des cordes. Enfin, dans « Le Cygne », Saint-Saëns nous offre une magnifique interprétation au violoncelle et au piano de la légende de son chant. Selon une croyance de la Grèce antique, le cygne, connu pour son cri dissonant, chanterait divinement bien juste avant de mourir. De là nous vient l’expression du « chant du cygne », pour désigner une ultime œuvre remarquable, un moment de grâce final. 

La liste est encore longue, entre les oiseaux évoqués dans « Le Printemps » des Quatre saisons de Vivaldi (1725), l’oiseau et le canard du conte symphonique Pierre et le Loup de Sergueï Prokofiev (1936), mais revenons au XXI ème siècle pour terminer notre exploration musicale avec le talentueux Cosmo Sheldrake, artiste multi-instrumentiste et compositeur anglais.

Dans son album Wake-up Calls, chaque titre est associé à une espèce d’oiseau menacée du Royaume-Uni. Les chants des oiseaux concernés ont été enregistrés par l’artiste entre 2011 et 2020, puis retravaillés et associés afin de créer 13 pistes avec chacune leur musicalité et leur ambiance. L’album s’ouvre sur l’engoulevent et se clôture avec les chouettes, et nous offre entre les deux de véritables paysages sonores de l’aube au crépuscule. Fervent défenseur de l’environnement, Cosmo Sheldrake considère ses morceaux comme des œuvres collaboratives inter-espèces, et souhaite créditer autant que lui-même le Butor étoilé, la Rousserolle verderolle ou la Grive draine. Et c’est précisément ce qu’il a fait en créditant « La Nature » sur ses albums et en reversant 50% de ses droits d’auteurs à des associations naturalistes à travers la fondation « Earth Percent » et au programme de fonds « Sounds Right ».

Voici une belle invitation à tendre l’oreille pour profiter des talents de la plus grande de toutes les musiciennes : la Nature. 

Texte : Lauriane Savoie / Illustrations : Alexander Hiley

De 2010 à 2017, des opérations de baguage de poussins de Mouettes mélanocéphales et de Mouettes rieuses ont eu lieu sur les colonies du Parc et de la Maison de la baie de Somme (programme du Centre de Recherches sur le Baguage des Populations d’Oiseaux – Muséum Paris). Et des oiseaux porteurs de ces bagues couleur vertes nous apportent toujours de précieuses informations ! 

Durant 5 jours, Jean Roger Perrot et Alain le Dreff ont effectué une opération de contrôle des bagues à la longue-vue sur la grande colonie du polder de Sebastopol à Noirmoutiers (Vendée). 252 bagues ont été lues dont 218 oiseaux bagués en France… et deux “Picardes” dont nous n’avions plus de nouvelles depuis bien longtemps !

  • Bague verte RE60 : Baguée à la Maison de la Baie de Somme le 24 juin 2014, elle est notée les 21 et 22 avril 2025 sur la colonie de Noirmoutiers. Elle n’avait donné lieu à aucun contrôle depuis plus de 10 ans, ce qui est étonnant vue la pression de lecture de bagues sur cette espèce “populaire”. Elle a su se faire bien discrète, probablement sur des lieux à faibles densités d’observateurs.
  • Bague verte RR4U : Baguée poussin à la Maison de la Baie de Somme le 28 juin 2016., elle est notée le 17 septembre 2016 à Lampaul Ploudalnézeau (Finistère) et le  19 avril 2025 à Noirmoutiers.
  • Un oiseau bagué poussin le 23 juin 2018 au polder Sébastopol, a été observé au Parc du Marquenterre le 18 avril 2022 ; il est le 26 avril 2022 sur la colonie de Blois sur la Loire et retour à Noirmoutiers le 29 avril 2022 et le 19 avril 2025. 

La colonie de Mouette rieuse étant faible (maximum de 242 couples au poste 1 pour l’instant), il est peu probable que des Mouettes mélanocéphales nichent cette année sur le Parc. On sait dès son arrivée en Europe de l’ouest depuis l’Ukraine que encore aujourd’hui seules les grandes colonies de Mouettes rieuses – plus de 300 couples – sont attractives pour l’installation de cette espèce. Espérons que lors des dispersions post-nuptiales, nous ayons des stationnements pour contrôler des oiseaux bagués et vous (nous) raconter de belles histoires…

Merci à Jean Roger Perrot, Alain Le Dreff et à tous les observateurs de cette passionnante espèce  de jouer le facteur de la Poste, apportant les nouvelles de cette incroyable globe-trotteuse ailée !

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Alexander Hiley

On sait grâce aux opérations de baguage sur les colonies nicheuses européennes que l’Avocette élégante est une espèce à fort comportement philopatrique : chaque année, quel que soit le résultat de la reproduction, les oiseaux reviennent sur leur site de nidification. 

Il faut dire que les milieux pionniers favorables à l’espèce sont très limités ; 70% des colonies d’Avocettes françaises sont sur des sites protégés avec des milieux plus ou moins gérés par l’Homme. Il faut vraiment que les échecs lors de la couvaison ou de l’élevage des poussins se multiplient – prédation, submersion des nids, stress alimentaire… – durant de nombreuses années pour que la colonie disparaisse totalement. 

Heureusement (la nature est bien faite !) les adultes ont une longévité forte atteignant jusqu’à plus de 25 ans. De plus, ils peuvent faire une couvée de remplacement quand la première est détruite au stade de l’incubation.

Grâce au baguage couleur des poussins sur certaines colonies, on sait que de nombreux oiseaux adultes remontent précocément en été (dispersion postnuptiale) depuis les colonies de Loire-Atlantique. Un oiseau bagué poussin le 20 juin 2008 à Saint Molf tente ainsi de nicher sur le parc le 8 juillet 2012 !

À une autre extrémité dont le centre est le Parc, des oiseaux nicheurs sont originaires des Pays-Bas. Un oiseau bagué poussin à Wommeles (Groningen) niche au Marquenterre le 2 juin 2021. Un mâle bagué poussin le 7 juin 2019 à Lihoijen au sud d’Utrecht et nicheur en 2022 aux Pays-Bas, se reproduit au Parc en 2024 et 2025.

Le baguage couleur permet aussi de savoir que des oiseaux nicheurs au Parc vont hiverner en Espagne en Andalousie à Veta de Palma.

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Alexander Hiley

Depuis le 24 février, de nombreuses Cigognes blanches sont revenues sur le Parc. Avec la fermeture du centre d’enfouissement de Boismont, peu d’individus hivernent en permanence sur le site. Ceux qui fréquentaient en nombre ce lieu de nourriture facile se sont reportés sur le centre de Dannes dans le Pas-de-Calais, celui de Valembray dans le Calvados, ou les grandes décharges espagnoles autour de Madrid. 

Des oiseaux peuvent revenir de migration jusque début mai. On remarque que ce sont souvent des mâles ayant des difficultés à trouver un partenaire, les femelles ayant plutôt tendance à s’éloigner de leur lieu de naissance. Cela produit des conflits réguliers, parfois violents, pour s’emparer de nid déjà occupés. Quelques oiseaux bagués furent contrôlés durant ce retour. On ne bague plus de cigogneaux en France, mais nous continuons à le faire dans le cadre d’un programme régional Hauts-de-France accepté par le Centre de Recherches sur le Baguage des Oiseaux (Muséum de Paris) du fait que la population du nord de France est encore en pleine expansion.  

  • FMIY baguée le 12/06/2023 sur la plateforme après le poste 11 : c’est un mâle célibataire noté à la héronnière les 30/03/2025 et le 08/04/2025.
  • FHXA baguée le 31/05/2017 à Merlimont (62) : le 08/10/2024 ce mâle est à Valembray (Calvados) ; il revient sur le Parc le 24/02/2025 et le 31/03/2025 il niche à la héronnière.
  • BRZS baguée à Groffliers le 09/07/13 : elle est à Valembray le 07/01/2025 ; le 01/04/2025 elle est notée au Parc.
  • FMIC baguée le 30/05/2019 à Merlimont (62) : le 21/01/2022 elle hiverne dans le Calvados à Notre Dame d’Estrées ; elle est le 31/03/25 au Parc.
  • FMIM bagué au Parc le 21/06/2022 (plateforme du poste 11) : elle est le 01/03/2025 au Parc.
  • AERY – la doyenne ! – baguée à Saint Victor d’Ymonville (Seine-maritime) en 2005 : elle niche depuis 2007 à la héronnière, elle a connu au moins trois mâles différents sur trois nids différents dont AFFG bagué le 21/06/2005 au Parc.
  • FMIW baguée au Parc le 12/06/2023 : elle est le 05/03/2025 à Trignac en Loire Atlantique.
  • FMIT baguée à Boismont le 10/06/2023 : elle est notée sur le centre d’enfouissement de Dannes (62) le 09/08/2023 et le 20/06/2024 sur le marais communal de Lairoux en Vendée.

Et puis il y a des nouvelles plus lointaines comme FMIX que nous avons bagué le 10/06/2023 à Boismont qui hiverne du 16/01/2024 au 20/03/2024 à Kenitra sur la côte marocaine au nord de Rabat. C’est notre premier contrôle marocain. Elle a été revue au Parc le 17/04/2024…

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Alexander Hiley

Le baguage des espèces communes, notamment à la mangeoire, peut paraître inutile. “On connaît déjà tout, bien entendu, sur ces espèces que l’on voit tous les jours dans son jardin !” “Ce sont toujours les mêmes, qui ne méritent pas (plus) un regard !” Combien de fois avons-nous entendu ces propos lors de nos visites… 

Et pourtant, bien des Mésanges bleues nous viennent de très loin lors de phénomènes d’irruptions ; le Pouillot véloce hiverne de plus en plus chez nous ; la Tourterelle turque passe en migration à l’automne au-dessus du point de vue ; et les Troglodytes mignons de novembre peuvent venir… de Suède ou de Finlande !

Ainsi une Mésange charbonnière baguée comme femelle d’un an le 23 octobre 2021 est contrôlée par un bagueur balte le 20 mars 2025 à Klaipeda sur la côte lituanienne, soit à 1442 kilomètres en ligne droite ! Déjà une belle longévité. 

Le biologiste hollandais Kluijver a montré que 87% des individus de cette espèce n’atteignent pas l’âge d’un an et que par la suite 49% des adultes meurent chaque année. Ce constat est le même dans un jardin de Rue où 53% des adultes ne sont pas recontactés chaque année, et les mâles semblent avoir une espérance de vie plus importante que les femelles (cela change d’une autre espèce…) ! Le record en Europe pour la Mésange charbonnière est tout de même de 15 ans et 5 mois, et de 11 ans et 3 mois pour un oiseau « français ». C’est chez les populations baltes et russes que la population est la plus migratrice, effectuant notamment des irruptions lors des périodes de disette et de fortes densités d’effectifs.

Plus modestement – on ne peut pas payer des vacances en Baltique à tout le monde – un mâle d’un an de Fauvette à tête noire bagué au fond des parkings le 8 septembre 2023 est contrôlé le 29 avril 2024 à Bois de Lessines (Bos del Sinne en picard puisque l’on est dans cette zone linguistique) dans  dans le Hainaut belge entre Roubaix et Bruxelles.

Alors prenons le temps d’observer toutes les espèces : chaque individu est différent, les comportements ne sont pas uniquement innés, loin de là, et nous avons encore tant à apprendre ! 

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Alexander Hiley

La période de nidification chez les oiseaux au Parc du Marquenterre s’est enfin décidée à débuter. En effet, du retard est constaté cette année, dû peut-être aux températures fraîches de ce début de printemps. 

Comme chaque année, ce sont les Cygnes tuberculés, les Foulques macroules, les Hérons cendrés et les Cigognes blanches qui ouvrent le bal. Néanmoins, un couple de Grèbes castagneux a construit un nid incognito au pied du poste 9, fidèle à cet emplacement pratique, puisque protégé par les branches d’Argousiers.

Saviez-vous que cet oiseau à la morphologie si particulière n’appartient pas à la famille des Anatidés – autrement dit canards, oies et cygnes – mais à celle des Podicipédidés ? Les pattes des grèbes étant situées très à l’arrière du corps, on le surnomme parfois “Pattes-au-cul” ! D’un point de vue étymologique, « castagneux » vient du latin en référence à sa tête couleur châtaigne

Le Grèbe castagneux construit une belle nacelle flottante composée presque exclusivement d’algues. 4 à 6 œufs sont  pondus généralement entre avril et septembre ; notre couple, qui a déjà pondu deux œufs, est donc plutôt précoce ! Ceux-ci seront couvés pendant 20 à 25 jours à tour de rôle. Ces pontes sont précédées de magnifiques parades face à face, chacun avec une algue dans le bec. 

Une fois les juvéniles nés, ils seront transportés sur le dos d’un des parents pendant que l’autre partenaire les ravitaillera en petits poissons n’excédant pas 10-15 cm pendant une dizaine de jours ; âge à partir duquel les poussins sauront nager. Mais ils resteront dépendant des deux adultes pendant environ deux mois.

Texte : Foucauld Bouriez / Illustrations : Alexander Hiley, Foucauld Bouriez