Où l’on gazouille, piaille et babille sur la vie de nos chers oiseaux

Une petite colonie de 14 couples de Grèbes à cou noir s’est installée très rapidement le long des berges du poste 2 pourtant en eau saumâtre. Comme à son habitude, cet oiseau cherche le contact des colonies de laridés comme protection contre les prédateurs, leur alerte permettant aux adultes de mettre des algues sur leurs œufs avant de quitter le nid et d’aller à l’eau. Les nids sont très proches les uns des autres et formés d’une modeste plateforme de végétaux construits “à la va-vite”. Après une incubation de 22 à 25 jours, les poussins sombres à rayures de pyjamas passent souvent beaucoup de temps sur le dos des deux parents. Plus que du poisson, la base du régime alimentaire est constituée de têtards et de larves d’insectes aquatiques. 

Cette notion forte et stimulante de colonie explique sûrement la difficulté d’installation des couples isolés sur les autres postes. Le Grèbe à cou noir est peu abondant en France (où il est apparu comme nicheur qu’en 1909) avec seulement 2000 couples, principalement en Brenne, Dombes et Sologne. Il niche pour la première fois en Picardie en 1983 avec trois couples dans le marais de Rue. Ce sont les lieux artificiels comme les bassins de décantation encore en activité ou bien reconvertis, comme les sites de Grand Laviers et de Thumeries, qui sont devenus des lieux de nidification importants dans les Hauts-de-France pour ce bel oiseau aux yeux rouges entourés de favoris d’or.

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Maëlle Hello, Nathanaël Herrmann, Eugénie Liberelle

 

Voici le comptage du 30 mai 2021. Un Butor étoilé nous a même fait l’honneur de sa présence…

Pour voir les derniers chiffres, c’est ici : Comptage du 30 mai 2021

Habitués à les voir nicher sur les falaises de Bretagne comme les landes de Belle Ile en mer ou les toits des maisons du littoral, on peut se demander si tous ces goélands qui viennent à marée haute sur le parc sont bien de « chez nous » !

En effet, la très grande majorité sont en fait migrateurs et même de grands migrateurs…

Les Goélands marins viennent surtout des colonies norvégiennes, et les Goélands argentés et cendrés vont nicher principalement en Scandinavie, Belgique, Allemagne du nord ou aux Pays Bas.

Nous venons de recevoir la fiche d’un Goéland brun bagué poussin avec une bague bleue « VKKO », le 5 juillet 2016 sur l’île de Langli, côte nord ouest du Danemark, en Mer du Nord. Il avait été noté au parc durant la marée haute le 22 août 2020.

Trois Goélands bruns bagués en Norvège avaient déjà été notés au parc l’année dernière lors des pleines mers sur les reposoirs estivaux, qui réunissent des nombreux oiseaux.

Ces oiseaux n’ont pas forcément fini leurs voyages puisque certains vont hiverner jusqu’aux côtes basses d’Afrique de l’Ouest !

Nous avons la chance de pouvoir les observer depuis le point de vue, en mars, quand ils remontent vers le nord par petits groupes.

Texte : Philippe Carruette / Illustration (Goéland argenté) : Florian Garcia

En bref : Passage important de « petits » limicoles en baie, (Bécasseaux sanderling et variables, Grand Gravelot…), plus de 2000 Mouettes présentes sur le Parc, 8 Grandes aigrettes dont 5 en plumage nuptial…

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Photo : Alexander Hiley

La Mésange bleue est une espèce commune dans nos jardins boisés, bosquets et bocages de Picardie.

Le 3 mars 2021, Odile Plateaux de Villers Bretonneux voit un de ces petits passereaux se claquer sur sa baie vitrée : l’oiseau est juste commotionné. Sa patte porte une bague métal du Museum de Paris. Juste avant de relâcher saine et sauve la petite mésange, la bague est photographiée sous toutes les coutures : 9615448. La réponse ne tarde pas à arriver de la part du Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux ; l’oiseau a été bagué au Parc du Marquenterre, le 4 février 2021 à 10H30, en femelle de 2 ans. Rien d’étonnant pour une si faible distance.

Bon nombre de Mésanges bleues quittent à l’automne l’est de la Belgique, les Pays Bas ou les bords de la Baltique pour gagner la France et notamment le littoral picard. Les mésanges qui viennent l’hiver dans votre jardin sont donc loin d’être toutes sédentaires : bien au contraire !

Ce qui est intéressant ici, c’est la date et l’orientation plein est de ce contrôle. Début mars correspond au pic de migration de printemps de cette espèce. Cette mésange retournait probablement en Europe du nord-est pour nicher. Du littoral à Villers Bretonneux, elle a donc sans doute suivi la vallée de la Somme. Les mésanges ne voyagent que de jour et font souvent ce qu’on appelle de la migration rampante, c’est à dire qu’elles s’arrêtent de bosquets en buissons pour se nourrir et se reposer. On comprend alors l’importance des couloirs végétalisés, le rôle des haies ou des bosquets, nos jardins diversifiés : c’est la trame verte ou la trame bleue dans le cadre des cours d’eau. Sans cela, c’est comme si vous vous engagiez sur la route des vacances sans station service, restaurant ou aire de repos sécurisé, avec aucune possibilité de sorties sur de longues distances. Pour ces migrateurs adaptés morphologiquement aux courtes distances, cela représente une mort certaine.

Espérons que la Mésange bleue de Mme Plateaux nous apportera de nouvelles informations ainsi que des indications sur la qualité de vie de cet oiseau.  

Si vous trouvez un oiseau mort et bagué, envoyez la bague au Museum de Paris en indiquant, si vous le connaissez, le nom de l’oiseau mais surtout la date et le lieu de découverte ainsi que la cause de sa mortalité. S’il est vivant, notez le numéro de bague et relâché aussitôt l’oiseau et faites la même démarche.

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Alexander Hiley

En bref: 130 Avocettes élégantes, 82 Spatule blanches, 1 Grand Labbe en baie !

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Photo:  Avocettes élégantes (Alexander Hiley)

En bref: Les îlots de nidification bien peuplés en Mouettes rieuses et mélanocéphales, encore un couple de Harle piette et quelques Garrots à œil d’or. Sur la partie maritime c’est une période relativement calme, avant le passage des limicoles de fin avril/mai.

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Photo: Mouettes rieuses  (Alexander Hiley)

Les 14 et 15 mars 2021 trois Mouettes mélanocéphales baguées en Saxe allemande près de Leipzig (gravières de Löbnitz et Rehbach) ont retrouvé le parc.

  • ATCT bagué mâle adulte le 14 mai 2018. Les 12 et 13 juin 2016 en pleine période de nidification, un petit break à Lion sur Mer dans le Calvados. Pas de nouvelles de lui en 2019. Le 24 mars 2020 il est en Belgique chez nos chers amis de la réserve du Zwin (Knokke le Zout). Le 11 juin 2020 encore sur un secteur sans colonie à Saint Pair sur Mer dans la Manche (50). Le 29 juin 2020 il est observé sur la colonie du parc avec AYYN, mais il est bien trop tard pour nicher. Il y revient le 15 mars 2021 avec AYYN et AYYU.
  • AYYN Bagué poussin le 8 juin 2018.  Un peu plus « d’exotisme » pour elle qui hiverne le 14 janvier 2019 à Vila Nova de Milfontes, à Beja au centre du Portugal. Elle est notée pour la première fois au parc du 17 au 29 juin 2020.  Le 31 juillet un petit tour chez nos voisins Grand site de France du Cap Blanc Nez. Le 9 mars 2021 elle est sur la colonie du polder Sébastopol à Noirmoutier (Vendée) avec APAJ. Pas question de traîner sur cette pourtant bien belle île, elle retrouve (mais c’est probablement un mâle) le parc les 14 et 15 mars  avec AYUU et ATCT !
  • AYUU Bagué poussin le 8 juin 2018. Lui sera plutôt « trek jeunesse britannique ». Le 14 octobre 2018 elle est à Littlehampton dans le Sussex, le 3 décembre 2018 dans le Dorset sur le lac de Radipole. En 2019 on la retrouve en juin dans la superbe réserve RSPB de Lodmoor à Weymouth dans le Dorset. Elle hiverne le 8 janvier 2020 de nouveau au lac de Radipole avec APAE et le 5 mars 2020 à Bowleaze Cove dans le Dorset. Elle découvre le parc du 10 juin au 17 juin 2020 avec AYYN. Le 20 juillet 2020 l’Angleterre lui manque…elle est à Sainte Hélène l’île de Wight, on la retrouve dans le Sussex à Chichester le 25 septembre. En 2021 rapide coucou de nouveau à la réserve de Lodmoor du 26 février au 4 mars avec APAE et ALAJ… et le 14 mars retour au Marquenterre avec AYYN et ATCT !!!

Eh oui les Mouettes mélanocéphales ont sûrement inventé l’Europe, Eramus, l’Unesco, l’ONU… bien avant d’ autres! Amis adhérents, visiteurs d’un jour, photographes et ornithologues, n’hésitez pas à observer ces étonnants oiseaux, à noter les bagues au poste 1 (les transmettre aux guides ou les envoyer directement à Camille Duponcheel (cduponcheel59@orange.fr), responsable national du programme national du baguage de la Mouette mélanocéphale. Vous regarderez alors un vrai individu, avec son histoire, ses comportements, sa vie qui lui est propre, et non plus une espèce. Mais cela ne l’oublions jamais, derrière nos jumelles ou notre objectif et nos discours, cela vaut pour tout être vivant unique et irremplaçable !