Où l’on gazouille, piaille et babille sur la vie de nos chers oiseaux

Le 27 mai dernier, Pierre, guide naturaliste et photographe au Parc, a pu prendre une série de clichés d’un mâle chanteur de Phragmite des joncs, à proximité de l’observatoire n°12. Sur ordinateur, il a été possible de lire et de reformer le numéro complet de la bague : il s’agit d’un oiseau qui a été bagué au Parc par Adrien, guide et bagueur, dans le même secteur le 18 juillet… 2012 ! A l’époque, l’oiseau était un jeune de l’année.

Les Phragmites des joncs hivernent au sud du Sahara, à plus de 4000 km de la baie de Somme. Cet individu, du haut de ses 10 grammes, a donc effectué 14 trajets entre Europe et Afrique… soit plus de 56 000 km !

Texte : Adrien Leprêtre

Illustrations : Alexander Hiley, Pierre Aghetti

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Nous sommes habitués au Parc à croiser le chemin de cigognes nées en Belgique, aux Pays-Bas, en Normandie… Mais la surprise fut grande l’été dernier !

Lors d’une sortie estivale le soir du mercredi 18 juillet 2018, trois Cigognes juvéniles se posent devant notre groupe. Elles sont munies de bagues Darvic blanches BEWM, BEWN, BEWP. Celles-ci sont toutes neuves, et les oiseaux, ailes pendantes, ont l’air bien épuisés. Ces bagues sont françaises et on pense aussitôt aux quelques nids du Pas-de-Calais et du Nord. Or pas du tout ! Les trois oiseaux de la même couvée ont été bagués le 5 juin 2018 poussins, à 7 semaines, par Jean-Claude Barbraud en… Charente Maritime à Hiers-Brouage dans le marais de Brouage, le département français où niche à l’état sauvage le plus grand nombre de Cigognes blanches.

Qu’est-ce qui les a poussés à remonter au Nord, alors qu’à la mi-juillet tous ces juvéniles filent droit vers les Pyrénées et l’Espagne ? Un coup de vent violent ? Du brouillard qui empêche de voir les astres, et donc de s’orienter visuellement ?

Ils ne seront pas revus le lendemain où le beau temps revenu a dû les remettre sur la bonne route, direction le Sud ! Comme quoi les cigognes charentaises ne sont pas… pantouflardes !

Texte : Philippe Carruette

Photo : Valentin Faivre

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Les premières séances de baguage ont permis la capture de Fauvettes à tête noire – ou à tête marron, qui est l’apanage des femelles ! C’est un des passereaux les plus bagués de France, avec plus de 50000 individus attrapés, pesés, mesurés.

Elle compte parmi les oiseaux les plus abondants du pays – entre 5 à 10 millions de couples. Rare exception chez les passereaux, ses effectifs sont en augmentation, une caractéristique des espèces généralistes à tendance forestière.

On sait que nombre de nos oiseaux nicheurs vont hiverner dans le sud de l’Espagne, au Portugal et au Maghreb, notamment dans les oliveraies et les orangeraies ; que nombre d’oiseaux du Benelux, de Scandinavie, d’Angleterre traversent notre région. Mais avec les changements climatiques cette espèce modifie vite ses comportements. D’où viennent les oiseaux qui hivernent de plus en plus dans notre région nordique ? Sont-ils locaux, ou bien viennent-ils d’Allemagne ou d’Autriche, comme c’est le cas en Angleterre ? Les données de baguage nous délivreront peut-être ces précieuses informations.

Texte : Philippe Carruette

Illustrations : Alexander Hiley

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En bref: de beaux stationnements de limicoles migrateurs en baie, 565 Mouettes rieuses, 260 Mouettes mélanocéphales, 8 Grèbes à cou noir…