Une grosse chenille verte aux rayures violettes traverse le chemin sableux du parc prestement en fin de parcours : celle du Sphynx du Troène.

Ce papillon nocturne est l’un des plus grands sphingidés d’Europe avec une envergure d’une douzaine de centimètres (plutôt pas mal pour un insecte !). La chenille tient sans nul doute des parents et est également assez grande !

Elle se développe, comme son nom l’indique, sur les troènes dans les jardins ou les dunes, mais aussi sur les frênes ou les sureaux. Relativement souvent chez les sphynx, la chenille porte au bout de l’abdomen une sorte de corne (scolus) dont on ne connaît guère la fonction.

Toutefois, même si elle est impressionnante et acérée, elle est complètement inoffensive, ce n’est pas un dard ! Elle semble grassouillette mais elle n’aime pas perdre son temps. En effet, au bout de quatre semaines de gloutonnerie de feuilles, elle a déjà atteint sa maturité. Elle est ainsi prête pour l’enfouissement et sa nymphose en chrysalide.

L’émergence nocturne de ce grand papillon s’effectuera à la fin du printemps prochain !

Au fait, mais pourquoi « sphynx » ?  Les chenilles des sphingidés dressent lentement la tête et la partie avant du corps de manière martiale digne d’un sphynx égyptien…

Texte et illustration : Philippe Carruette