Un Pygargue en juillet au Marquenterre !
Évènement ornithologique sur notre littoral : un immature de Pygargue à queue blanche est de nouveau observé au parc du Marquenterre le 1er juillet. Depuis 1973, date de création du Parc, c’est la première observation en juillet de ce grand rapace encore rare en Europe.
S’il est devenu régulier depuis une dizaine d’années en hivernage, on ne note qu’une seule observation au printemps (le 10 mai 2003) et une en été (du 23 août au 10 septembre 2015). Cela montre que l’espèce est en augmentation comme nicheur en Europe, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne, d’où proviennent la majorité des oiseaux vus en baie de Somme en hiver et en migration en mars. Seuls 8 à 9 couples nichent en France, en grande majorité sur les grands lacs de Lorraine, avec des couples isolés en Brenne et en Sologne.
Les guides du parc du Marquenterre géré par le Syndicat Mixte Baie de Somme commencent à apprendre à bien connaître le comportement de ce grand aigle (jusqu’à 2,40 mètres d’envergure et 7 kilos pour les femelles plus grandes que les mâles). Posé sur un arbre mort, la tête est toujours en mouvement et les yeux perçants scrutent la moindre proie potentielle. Qu’une éclaircie apparaisse ou le discernement d’une prédation facile, et il se met en chasse de son vol lent et puissant. Certains guides l’ont croisé à quelques mètres au-dessus de leur tête sur les sentiers, cela « décoiffe » ! Olivier Buffet, coordinateur à la Maison de la Baie de Somme, parle de « paquebot volant ». Il se nourrit aussi bien d’oiseaux d’eau, que de rats musqués ou de poissons et est bien volontiers charognard.
La présence en stationnement prolongé du Pygargue est strictement liée à l’existence de vastes zones humides, peu dérangées et très riches en densité de proies. L’oiseau au vol lent échoue en effet souvent dans ses captures d’oiseaux d’eau et cherche de grands territoires où les proies faciles abondent. Il est en cela un indicateur de la qualité et de la richesse d’un milieu, un « label rouge » en quelque sorte, ce qui est très valorisant pour notre région.
Cela récompense des années d’efforts de protection et de gestion du site du Conservatoire du Littoral et justifie la renommée de notre région pour le tourisme ornithologique. C’est une belle surprise pour l’anniversaire des 53 ans du Parc qui a ouvert au public le 1er juillet 1973.
Texte : Philippe Carruette / Illustration : Foucauld Bouriez

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