À chaque saison ses espèces emblématiques, et nos deux couples de Bihoreaux gris n’y dérogent pas encore cette année ! Mais tout d’abord commençons par une petite description de cet oiseau aux mœurs très discrètes.

Le Bihoreau gris, aussi appelé Héron bihoreau gris, est une espèce appartenant à la famille des Ardéidés, couramment nommés échassiers. Le bec en forme de poignard en est d’ailleurs un très bon exemple. Mais on peut noter également l’allure assez trapue, comme ramassée, et des pattes courtes.

Le plumage de l’adulte est relativement facile à identifier. Le haut de la tête (la calotte) ainsi que le dos sont noirs, les ailes et la queue grises, le ventre blanc, et les pattes jaunâtres. On peut également noter en période de reproduction les deux longues plumes blanches sur la nuque. Le plumage des jeunes est beaucoup plus brun rayé et, en vol, peut parfois être confondu avec le Butor étoilé.

Dans les récits historiques, Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788), un éminent académicien des sciences, nous rapporte quelques faits concernant la façon dont était perçu le Bihoreau gris à son époque. Il dit notamment : « La plupart des naturalistes ont désigné le bihoreau sous le nom de corbeau de nuit (Nycticorax nycticorax) et cela d’après l’espèce de croassement étrange, plutôt de râlement effrayant et lugubre qu’il fait entendre pendant la nuit. »

Il est vrai que d’une nature habituellement silencieuse, il peut néanmoins pousser des cris en vol qui rappellent ceux émis par les corvidés.

Chez les hérons, c’est le seul qui a un comportement plutôt nocturne. Le jour il dort perché sur la branche d’un arbre, bien à l’abri dans la végétation dense. Le fait qu’il soit actif de nuit a sûrement joué dans son appellation. Les moments où l’on peut observer les Bihoreaux gris de jour sont donc assez limités. La période la plus favorable se situe au printemps, au moment de la reproduction.

Le Bihoreau gris a un régime alimentaire assez varié qui est composé entre autres d’insectes, de micromammifères, de petits poissons… Il est d’ailleurs très friand des amphibiens et de leurs têtards.

Pour attraper ses proies, il va se mettre en affût le long des berges des zones humides contenant une végétation très dense. Souvent camouflé à l’ombre,  personne ne peut le remarquer et l’instant de surprise est total !

Le 18 avril déjà, trois adultes avaient été observés posés dans les pins Laricio situés à gauche de la héronnière, confirmant une nouvelle fois leur intérêt pour ce lieu de nidification particulièrement favorable. Les 18, 19 et 24 mai, les observations sont régulières car les adultes sont considérablement actifs sur le transport des matériaux pour les nids. Mais ils n’hésitent pas également à se percher dans les alentours. Comme c’est le cas d’ailleurs sur la vidéo en lien Youtube qui a été prise au poste 13. Nous y voyons un magnifique adulte qui nettoie son plumage, l’air complètement serein.

https://youtu.be/Nm6G5QpBpVk

La femelle va pondre entre 3 et 5 œufs avec 2 jours d’intervalle. L’incubation dure environ entre 21 et 23 jours. Comme chez la plupart des oiseaux, même quand les oisillons sont nés et qu’ils grandissent, les parents continuent d’apporter des éléments pour perfectionner les nids. Les jeunes y resteront 3 semaines puis commenceront à grimper sur les branches des environs… avant de finalement prendre leur premier envol au bout de 6 à 7 semaines. Ils obtiendront leur maturité sexuelle à l’âge de 2-3 ans. La durée de vie d’un Bihoreau gris est en général d’une dizaine d’années, même si on a déjà observé des individus vivant jusqu’à 16 ans !

Évidemment nous allons continuer à suivre avec attention les relais réguliers des adultes des deux couples. Nous nous retrouverons un peu plus tard dans la saison pour donner des nouvelles des futurs jeunes ! 

Texte et illustrations : Florian Garcia