[TELECHARGER] le comptage du 30 mars 2018

En bref : 72 Avocettes élégantes, 8 Garrots à oeil d’or, 3 Harles piettes, 3 Grèbes à cou noir…

L’hirondelle fait le printemps ? Voilà une semaine maintenant que le printemps est de retour… Et les hirondelles ne sont toujours pas revenues à leur nid dans nos bâtiments techniques. En les attendant, on remarque tout de même que d’autres oiseaux sont présents pour nous rappeler que les beaux jours sont à venir. En effet Mésanges, Alouettes ou Grives redonnent de la voix pour conquérir leur partenaire ou délimiter leur territoire ! Les premiers Pouillots fitis ont même été entendu ces derniers jours le long des chemins du Parc. Des petits chants timides, certes, mais qui annoncent les futures matinées ensoleillées et sonores à venir !

Pour le moment, les prévisions sont encore à la grisaille. C’est alors que des petits cris sont entendus dans la pinède, comme un sifflet d’arbitre, court et sec : rrhu rrhu ! Il s’agit du Pinson des arbres nous laissant entendre son « cri de pluie » . Il paraîtrait que ce fameux cri annonce la pluie ! Cependant on peut également l’entendre pas temps sec. Il reste tout de même assez mystérieux car il peut être différent en fonction des régions où il est entendu et on lui confère plusieurs rôles… Mais le marquage de territoire reste pour l’instant de plus probable étant donné que ce cri est entendu essentiellement de février à juillet.

Texte : Clément Parissot – Photos : Alexander Hiley

La nouvelle équipe de guides naturalistes du Parc du Marquenterre vient juste d’arriver en baie de Somme. Ils nous viennent de la Saône et Loire, d’Ile de France, de Bretagne, de Seine Maritime, de la Sarthe, du Cantal, d’Indre et Loire ou de notre nouvelle grande région. La plupart ont déjà travaillé sur des réserves naturelles ou régionales, sur des sites du Conservatoire du Littoral, en France ou à l’étranger.

Ils s’intéressent bien entendu aux oiseaux, mais aussi à bien d’autres passions naturalistes. Mélanie Siron a eu la chance d’observer les loutres à l’étang de Cousseau et Camille Cruz a l’expérience de la superbe zone humide de la Brenne. Julie Falampin, la régionale de l’équipe est passionnée, grâce à ces parents et grands parents, d’agriculture. Raisonnée, en circuit court ou en bio cette activité est maintenant si indispensable au bonheur et la vie des humains (producteurs et consommateurs!) mais aussi à nombre d’espèces animales qui vivent tout ou partie de leur cycle de vie dans ces terres travaillées par les paysans. Pierre Aghetti photographie les oiseaux dans leur lumière, leur milieu, leurs comportements avec toujours à l’esprit que c’est l’ambiance et le modèle qui rend une photo belle et preuve d’un moment de vie ! Lara Marchand et Jérémy Nicot nous serons utiles de leurs bonnes connaissances des rapaces, tout comme l’expérience d’Amandine Soyez dans l’accompagnement des enfants. Tous et toutes ont aussi et surtout la passion du partage auprès du public ! Leurs connaissances acquises vont être durant huit mois maintenant au service bienveillant de nos 160.000 visiteurs pour valoriser et partager les richesses de notre territoire, tant naturelles que culturelles… mais sont elles vraiment dissociables !

Si il y a un territoire où les activités et monuments humains sont intimement liées à la nature c’est bien celui de Picardie maritime tant sur le littoral qu’en arrière pays de bocage et marais. Grâce à ces guides passionnants, oiseaux, plantes, milieux de vie,  hommes d’ici ou d’ailleurs, n’en seront ainsi que mieux respectés et grandis dans leur visite de la région. Heureuse industrie du partage des connaissances où finalement on devient plus riches en donnant et transmettant les richesses du vivant ! Tout comme les guides permanents, ils vont accompagner les groupes scolaires et adultes, partir en visite en calèche en baie de Somme avec nos chevaux boulonnais, animer les ateliers nature en salle ou sur le terrain et bien sûr partager avec vous leurs observations au quotidien dans les postes d’observation. En parallèle, ces guides salariés prépareront durant 8 mois leur diplôme de Guide Nature. Montrer la vie sauvage pour rendre les hommes et soi même un instant heureux, une mission gage d’avenir. Cette formation professionnelle Marquenterre est en étroit partenariat avec l’Université Picardie Jules Verne d’Amiens. Tout au long de leur huit mois, ils rencontreront au parc aussi des professionnels du Syndicat Mixte de la Baie de Somme, de l’Agence française pour la Biodiversité, de l’ONCFS et des formateurs et professeurs de l’Université. Encore quelques jours de formation intensive et vous allez bientôt les croiser avec vous et pour vous dans les chemins du parc.

[TELECHARGER] le comptage du 20 mars 2018

En bref : 434 Canard souchets, 440 Canards pilet; 42 Spatules blanches, 27 Cigognes blanches…

Cette magnifique image de Canard souchet, prise par Didier Humez attise notre curiosité…

Nous sommes « homéothermes » comme les oiseaux… notre température est constante quelque soit le thermomètre extérieur. Mais alors, comme ce canard peut-il maintenir ses pieds en contact du gel ?

Il arrive même que les pattes gèlent sous l’action du froid… et dégèlent ensuite au redoux.

Notre collègue ornithologue du Pont de Gau préconise alors la fermeture du site au public pour éviter que les Flamants roses ne décollent… et ne se retrouvent démembrés en atterrissant sur un plan d’eau gelé !!! (Source)

Parfois, le froid peut également toucher les ailes des oiseaux… c’est le cas en Bulgarie pour ces Cigognes blanches ! (Source DNA)

Quelle explication alors ?

  • L’oiseau alterne de patte toutes les minutes ?
  • Ses pattes ont une température constante de 40-42°C ?
  • Il s’enduit les pattes d’antigel ?
  • … ?

La réponse nous vient outre atlantique d’une biologiste et chercheuse canadienne, Pascale Otis. Sa découverte démontre que les cellules de la peau des oiseaux sont constituées d’une protéine aux facultés antigel !! Cette propriété était déjà connue d’animaux « à sang froid ». Avec une température négative de -10°C, celle des pattes se stabiliseraient à -7°C sans geler !!! CQFD ! (Source)

Dès qu’un léger vent de sud devient favorable les petits passereaux peuvent être observés en migration. Bergeronnette grise, Mésange noire ou bleue, Pinson des arbres, Pipit farlouse de jour et Rouge-gorge ou Pouillot véloce de nuit. C’est l’occasion de baguer des espèces inattendues à la mangeoire comme cette femelle de Bruant des roseaux. Si un petit dortoir d’une dizaine d’oiseaux hivernants est présent sur le Parc (a priori des oiseaux nordiques pour certains bagués au Danemark ou en Norvège) la plupart sont surtout notés en migration. Malgré des milieux très favorables à l’espèce (roselières alternant avec des saulaies), seuls trois ou quatre couples nichent sur le Parc. Le premier mâle chanteur a été entendu le 6 mars.

Texte et photo : Philippe Carruette.

Avec le redoux de ces derniers jours, la migration bat son plein ! De nombreux groupes d’Oies ou de Cormorans survolent le Parc tandis que d’autres espèces s’y arrêtent pour commencer leur nidification ou simplement pour faire une pause avant de continuer leur route. C’est le cas par exemple des Canards pilets. Nous avons recensé plus de 800 de ces anatidés qui ont passé l’hiver sur nos étangs, mais certains individus peuvent aller bien plus au sud, jusqu’en Afrique !

Comment pouvons nous le savoir sans que les oiseaux ne soient bagués ? En regardant leur plumage… En effet on remarque ces derniers jours des Canards pilets aux poitrail plutôt roux. Cette couleur atypique de l’espèce est due à la latérite, une roche rouge riche en oxyde de fer se formant sous les climats tropicaux. C’est à force de marcher dans une poussière rouge ou de nager dans des eaux colorées que leur plumage se teinte de rouille indiquant ainsi leur zone d’hivernage bien loin de la France.

C’est grâce à cet esprit d’observation et de déduction que la migration des oiseaux fut découverte. Jusqu’au début du 19ème siècle on pensait que les Hirondelles passaient l’hiver dans la vase ou encore que certaines espèces se rendaient sur la Lune ! Mais c’est en 1822 qu’une Cigogne blanche nous apporta la vérité. Celle ci fut découverte dans le village allemand de Klütz avec dans son cou… une flèche de 80cm de long provenant d’Afrique centrale ! Ayant survécu à l’attaque, l’oiseau a réussi à revenir en Europe avec cet objet planté dans le corps. Ce cas extraordinaire (et 24 autres cas documentés) nous a donné le premier indice probant d’une migration intercontinentale qui nous révéla la vraie raison de la « disparition » des oiseaux en hiver et le premier cas de « baguage » d’oiseau…

Texte : Clément Parissot – Photo : Alexander Hiley

Source photographie Cigogne : zoologie.uni-rostock.de

Les Cigognes blanches commencent à retrouver les nids tant sur les plateformes destinées au baguage que sur les supports naturels que sont les plus grands pin laricios.  Les mâles ont tendance à revenir plus tôt que les femelles. Mais beaucoup d’oiseaux sont encore seuls sur un nid. Dès qu’un oiseau les survole le célibataire claque doucement du bec, écartant les ailes en cœur en baissant la tête. A l’inverse pour les oiseaux déjà en couple les craquètements sont en chœur et beaucoup plus forts et rapides. Il s’agit là non plus d’attirer mais d’éloigner un concurrent potentiel qui peut s’accaparer le nid…et bien souvent le partenaire qui va avec ! On reconnaît certaines femelles nouvellement arrivées le 5 mars à la teinte jaunâtre traces des sables et terres africaines. Il faut dire que les 2 et 3 mars respectivement 1223 et 1445 cigognes sont passées en migration dans la Drôme (LPO Drôme), 65 dans la l’Aisne, et quelques oiseaux dans la Somme. Grâce au baguage couleur, on voit que comme chaque année en début de saison « les cartes sont rebattues » entre les couples.

Tout au sommet de la héronnière, le mâle AFFG peu virulent a défendre son nid  a une partenaire non baguée qui accepte la visite du mâle voisin qui vient se servir en branches… et plus parfois ! Dans cette même héronnière AFFH n’est plus avec AFFI…. et sur la plateforme du point de vue la femelle hollandaise s’est trouvé un mâle cette fois non bagué… Cela laisse présager au pic du retour de tous les migratrices bien des conflits et des combats pour la possession d’un précieux nid !