Au détour des chemins, les buissons sont annonciateurs du retour des papillons. Ces insectes de l’ordre des lépidoptères regroupent les “papillons de jour” (rhopalocères) et les “papillons de nuit” (hétérocères). Les diurnes se repèrent facilement grâce à leurs couleurs souvent chatoyantes qui attirent le regard, contrairement à leurs cousins nocturnes qui sont bien plus discrets et peu actifs avant le crépuscule…

Il n’est cependant pas rare d’observer des chenilles de cette population nocturne en plein jour. En ce moment, celle du Cul-brun (Euproctis chrysorrhoea) est facilement visible sur le parc, dans les haies d’argousiers ou dans les bosquets. Cette espèce est connue pour faire des nids soyeux à l’extrémité des branches qui peuvent contenir plusieurs centaines de chenilles. Longues de 3 à 4 cm, de couleur brune avec deux lignes discontinues orangées sur le dos et deux lignes latérales de couleur blanche, elles sont très velues. Bien qu’elles soient moins irritantes que les chenilles processionnaires du pin avec lesquelles certains visiteurs les confondent parfois, il est toutefois fortement déconseillé de les toucher, pour éviter d’intenses démangeaisons et des éruptions cutanées gênantes. Il faut dire que les minuscules poils urticants sont un moyen de défense fort efficace pour ces proies tentantes !

D’ici les mois de mai-juin, les chenilles se transformeront en chrysalides avant de devenir des papillons de couleur blanche possédant une particularité : une touffe de soies brun-roux à l’extrémité de l’abdomen – d’où le nom de cul-brun. La reproduction aura lieu en été et les pontes, recouvertes des poils bruns de la femelle et déposées sous les feuilles, donneront naissance à des larves trois semaines plus tard. Dès l’automne celles-ci s’acquitteront de leur tâche de construction de nids soyeux, protection indispensable contre les intempéries, avant la période d’hivernation…

Texte et illustration : Julie Falampin