Plus de deux mille Pluviers dorés…
Les prairies humides de l’ouest du Parc ont été bien animées cet hiver. Un maximum de 2320 Pluviers dorés y ont été comptés le 10 décembre 2025, et 1300 le 2 février. Les jours de fort gel de début janvier ont fait varier les effectifs quotidiennement de 615 à 300.
Ces petits limicoles rondouillards au magnifique dos mordoré (surtout quand il y a un rayon de soleil !) nous viennent aussi bien de Scandinavie que du nord- ouest de la Russie pour hiverner chez nous. Ils sont souvent en compagnie des Vanneaux huppés en stationnement au sol, même si en vol ils restent généralement entre eux. Il faut dire que leurs ailes longues et étroites leur donnent un vol bien plus direct et rapide que celui de leur cousin huppé. Au loin, ils font alors penser à des déplacements aériens d’Etourneaux sansonnets. Lors des attaques du Faucon pèlerin, ils augmentent les arabesques et resserrent les rangs pour désorienter le prédateur dans sa capacité de déceler visuellement la proie idéale. On retrouve ce phénomène chez les petits poissons avec la tactique du banc face à la prédation du thon, dauphin ou requin…
Avec ces chiffres importants pour le site on revient aux stationnements dans ces mêmes prairies dans les années 2006 à 2011 : maximum de 2950 le 23 décembre 2006 et 2344 le 21 janvier 2007. A partir de 2012, on constate une baisse croissante des effectifs voire une totale absence de l’espèce. Cela est lié certaines années probablement aux absences de coups de froid plus au nord, l’espèce étant sensible au gel et à la neige, se déplaçant encore plus que le vanneau en plein hiver au gré des conditions atmosphériques.
Avec entre 740.000 et 1.300.000 oiseaux, la France accueille, surtout sur les grandes terres agricoles intérieures au nord de la Loire, plus de la moitié de la population européenne hivernante de Pluviers dorés ! Un vrai enjeu et défi naturaliste pour notre pays. Mais sachons profiter de ces superbes grands migrateurs qui vont nous quitter bientôt, la majorité de la migration prénuptiale se faisant de fin février à mi-mars chez cette espèce.
Texte : Philippe Carruette / Illustration : Jean Bail

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