L’Hypolaïs polyglotte, l’oiseau aux multiples voix
Il y a quelques jours, dans les ourlets dunaires à proximité du chemin des calèches, un passereau coloré à la poitrine jaune citron avec un manteau vert foncé et au bec rouge se fait entendre. C’est son chant qui le caractérise le plus. Il s’agit de l’Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta). Il est capable d’imiter de nombreuses espèces. Quand on l’entend, on reconnaît la trille du Phragmite des joncs et les gazouillements du Moineau friquet.
Quelques jours auparavant, son cousin l’Hypolaïs ictérine (Hippolais icterina), avait été entendu au même endroit. C’était un nicheur plus répandu en Picardie.
L’Hypolaïs polyglotte vit dans les milieux xérophiles – habitats où se développe une végétation résistante à la sécheresse. Mais avec le changement climatique, il élargit son aire de répartition, concurrençant petit à petit son cousin l’Hypolaïs l’ictérine.
Il est insectivore, mais il peut agrémenter son régime alimentaire en été par des fruits, riches en glucides. C’est idéal pour reprendre des forces lors de sa grande migration.
En effet, ce cousin des rousserolles, appartenant à la famille des acrocéphalidés, hiverne depuis le sud du Sénégal jusqu’au Cameroun. Pas mal pour seulement 11 à 12 grammes ! Il arrive sous nos latitudes à partir de fin mai début juin.
L’Hypolaïs polyglotte bâtit un nid à faible hauteur dans des prunelliers ou des ronciers par exemple. Il est fait d’herbes sèches et garni parfois de crins de chevaux. La femelle y pond entre trois et cinq œufs qu’elle couve pendant treize jours. Elle peut faire une seconde couvée.
Texte et illustration : Foucauld Bouriez

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