Les premiers cigogneaux ont quitté le nid le 6 juillet. La semaine du 20 au 26 juillet, très ensoleillée, semblait favorable au départ de tous les juvéniles vers la péninsule ibérique, voire l’Afrique de l’Ouest. D’habitude, après le 20 juillet, la majorité des jeunes ont fait leurs adieux au Parc. Mais cette année les oiseaux ont pris beaucoup de retard…

Retard « corporel » d’une part, du fait du manque d’alimentation dû aux gelées tardives, et aux fortes pluies et tempêtes en mai. Retard « sportif » d’autre part : on remarquait bien que les entraînements au vol des cigogneaux étaient moins fréquents que les années précédentes, comportement pourtant indispensable à l’acquisition de la maîtrise de leurs grandes ailes, et au succès des premiers envols. De plus, beaucoup de nids n’abritaient qu’un seul jeune, qui faute d’émulation s’exerçait avec moins d’assiduité qu’une nichée de quatre ou cinq ! 

La semaine capricieuse de fin juillet, avec rafales et forte pluviométrie, ne motive pas encore au départ. Les Cigognes ont besoin de courants d’air chaud et de bons vents porteurs pour utiliser le vol plané, vital pour elles. Peu musclées, le vol battu reste en effet très limité en durée, et fort consommateur d’énergie pour cette espèce.  

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Nathanaël Herrmann