Un dernier coucou…

En juin, les mâles de Coucou gris continuent de chanter, mais le concert va rapidement toucher à sa fin. De retour début avril, les chants se sont vite intensifiés avec le retour un peu plus tardif des femelles. Les derniers retentiront fin juin et deviendront exceptionnels début juillet. 

La reproduction, qui se limite à la ponte des femelles polyandres, est des plus rapides. Les jeunes sont pris en charge par les parents hôtes, qu’ils soient localement plutôt sédentaires comme les Troglodytes mignons ou les Accenteurs mouchet, ou grands migrateurs transsahariens comme les rousserolles ou les Phragmites des joncs…

Mais pas de répit pour les squatters ! Grâce aux émetteurs posés par les ornithologues britanniques et hollandais, on sait que dès fin juin et l’arrêt du chant, les mâles de Coucou gris sont déjà en marche ailée vers l’Afrique ; certains ont déjà gagné à cette époque l’Afrique du Nord en passant par Gibraltar, ou par la voie orientale par la Corse ou la Sicile ! 

Le coucou voyage seul de nuit, en faisant une longue halte estivale au Sahel, notamment au Sénégal, avant de rejoindre le sud du Cameroun jusqu’au Gabon, l’Angola et la République Démocratique du Congo ! Les jeunes de l’année vont surtout partir dans la dernière décade d’août et début septembre, voyageant aussi seuls pour rejoindre les mêmes zones que leurs parents… qu’ils n’ont jamais connus ! 

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Vincent Caron

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