Bécasseau de Temminck, le retour en toute discrétion
Le Bécasseau de Temminck est certainement le bécasseau régulier sur le Parc le moins connu. Discret, souvent isolé, il ne paye pas de mine avec sa petite taille (17 à 32 grammes, la masse d’un Moineau domestique !) et ses couleurs ternes. On peut le confondre avec le Bécasseau minute bien plus énorme (20 à 40 grammes !) mais le Temminck est plus allongé et semble plus bas sur pattes – il a un peu un « look » de Chevalier guignette – qui sont elles jaune verdâtre (noires chez le minute) et il a une large bavette grise avec un dos terne sans teinte roussâtre.
En migration prénuptiale, chez nous il nous vient d’Afrique de l’ouest et centrale et remonte vers les Alpes scandinaves, la Finlande du nord et la Russie dans la taïga d’altitude et la toundra de la Sibérie côtière ; quelques couples nichent à l’extrême nord de l’Ecosse. Il migre généralement en plus petits groupes que les autres bécasseaux et n’hiverne pas en France et uniquement en petit nombre en Europe.
Au Parc, il est observé chaque année de mi-avril au 1er juin en migration de printemps, et du 12 juillet au 12 octobre en migration postnuptiale où il est vu en moins grand nombre, avec surtout des juvéniles isolés qui stationnent plus longtemps. Le 8 mai 2026, 3 oiseaux sont observables au poste 2. Les records en effectif du site sont de 7 oiseaux ensemble le 11 mai 1995, 6 les 11 mai 2001 et 14 mai 1994. La plupart des observations concernent souvent des oiseaux isolés, très discrets et qui restent peu de temps sur le Parc, passant souvent incognito avec leur plumage terne.
Mais qui était Temminck ? Coenraad Jacob Temminck (1778-1858) est un naturaliste et taxidermiste hollandais qui n’a fait aucune études scientifiques au départ. En 1815, il publie le Tableau systématique des oiseaux qui se trouvent en Europe avec une classification des oiseaux qui fera référence. A cette époque les ouvrages étaient publiés en français, langue majeure pour la pratique des sciences naturelles ! Son nom fut aussi donné à l’Alouette bilophe venant de Jordanie et aussi à un pouillot sibérien.
Texte : Philippe Carruette / Illustration : Foucauld Bouriez
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