Les sangliers sont fréquents même en plein après-midi sous la héronnière. Ils savent qu’ils peuvent trouver facilement des restes de nourriture tombés des nids des grands échassiers, mais aussi des cadavres de poussins tombés des pins notamment lors des coups de vent des ces derniers jours.

Mais depuis au moins deux ans, une femelle accompagnée de marcassins s’est spécialisée dans la capture des jeunes échassiers au sol. Spatules, aigrettes ou hérons qui réalisent leur premier vol, ont tendance à se poser au sol, l’atterrissage en altitude est souvent un moment délicat, surtout par grand vent. La femelle de sanglier a perçu ces proies faciles. Elle s’en approche avec calme, fouillant le sol comme tout bon sanglier omnivore.  Les jeunes échassiers nés à 25 mètres de haut ne connaissent guère encore les dangers terrestres, il faut tout apprendre, tout mémoriser ! Arrivée à faible distance, elle accélère et croque les juvéniles ! Le sanglier faute de crocs n’est pas fait pour tuer vite et pour capturer une proie. Il la presse et la broie alors dans ses mâchoires…

François Poidevin, ancien garde passionné de comportement du Domaine du Marquenterre, me relatait le cas d’une laie qui avait pris l’habitude de tuer et consommer des jeunes marcassins dans les compagnies. Ces comportements rares ne sont pas à généraliser à l’espèce, mais font l’objet d’individus qui se spécialisent dans un type de proie, de comportement, d’habitudes qu’ils ont expérimenté avec succès.

Emmanuelle Luissier guide naturaliste au Parc a pu photographier et filmer la capture d’une jeune spatule blanche, illustré ci-dessous.

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Alexander Hiley et Emmanuelle Luissier

Dimanche 25 février un Rat des moissons est photographié pour la première fois sur le parc au poste 11 perché acrobatiquement sur un petit aulne. Il était déjà connu sur le site par la découverte de nids  d’abri ou de mises bas dès les années 1995 dans les ronciers et argousiers du fond du poste 7. C’est dans ce secteur que la seule observation visuelle a lieu d’une famille le 26 août 2008.

C’est un minuscule petit rongeur (5 à 11 grammes soit pour les plus habitués aux oiseaux une masse allant de celle d’un roitelet à une Mésange bleue!) habillé de beige clair avec une frimousse bien craquante avec ses gros yeux noirs comme des boutons ! Un signe distinctif la queue est préhensile comme celle de certains singes ! Cela lui permet de grimper avec aisance le long des tiges de céréales, de phragmites ou les arbrisseaux. Malgré sa forte fécondité il n’est jamais très abondant à l’inverse des mulots et autres campagnols.

Photo: Fabien Legagneur

Le Parc du Marquenterre accueille, on le sait, une belle diversité d’oiseaux. Mais il abrite également une multitude de mammifères, tous plus discrets les uns que les autres… Ces animaux farouches ont des habitudes plus crépusculaires voire nocturnes afin d’éviter les allers et venues des visiteurs. C’est donc lorsque le Parc ferme ses portes que putois, renards, lapins, chevreuils ou écureuils investissent les sentiers à la recherche de nourriture.

Seuls les plus patients et les plus chanceux peuvent les observer furtivement en journée, traversant un chemin, une prairie ou montant à un arbre. Mais en faisant attention, on peut facilement trouver des traces de leur passage nocturne. Une empreinte, une crotte, une plumée, une pomme de pin rongée… De nombreux indices sont visibles pour qui prend la peine de les chercher. Alors pendant votre visite, prenez le temps de baisser les yeux, peut être seriez vous sur la piste de l’un d’entre eux…

Texte : Clément Parissot – Photos : Alexander Hiley.