À ras de terre comme dans les airs, la saison des amours bat son plein au Parc du Marquenterre ! Les mâles n’ont qu’un seul objectif : conquérir le “cœur” d’une partenaire, afin de transmettre leurs gènes. Chacun redouble donc d’efforts pour se faire remarquer dans cette foule de prétendants. Place au spectacle des parades nuptiales

Chez les insectes, les stratégies sont diverses : tandis que grillons et criquets chantent la sérénade pour attirer leur belle, à grands renforts de stridulations, d’autres préfèrent exécuter des danses aériennes pleines de grâce, comme les calopteryx, ces splendides demoiselles aux ailes bleutées. Certains coléoptères ont quant à eux une méthode qui a amplement fait ses preuves : ils offrent des cadeaux nuptiaux

C’est le cas de la Malachie à deux points (Malachius bipustulatus), un charmant petit insecte vert métallique (6-7 mm), reconnaissable à ses deux taches de couleur rouille situées à l’extrémité de ses élytres trop courts pour recouvrir entièrement l’abdomen. Cette espèce, commune en Europe de mai à août, raffole du pollen des ombellifères et des graminées, qu’elle glane dans les prairies fleuries, les haies ou les bords de chemins. 

Pour courtiser sa partenaire, le mâle diffuse des phéromones envoûtantes grâce à ses antennes pointées gaillardement en avant. Impossible de résister ! Dès qu’elle perçoit cette douce fragrance, la femelle s’envole vers son bien-aimé puis, comme hypnotisée par l’offrande nuptiale, se met à ingurgiter goulûment les sécrétions émises par son compagnon. Témoignage de ce baiser-festin : sa face toute barbouillée de jaune ! Une fois le repas consommé, l’accouplement peut avoir lieu. La jolie gourmande pondra ensuite une trentaine d’œufs dans des crevasses d’écorces ; quelques jours plus tard, des petites larves prédatrices verront le jour, garantes du patrimoine génétique de leur galant papa !  

Texte et illustrations : Cécile Carbonnier