Coucou me revoilou… 

« Coucou coucou ! » Il est revenu sur le Parc le 4 avril, le Coucou gris qui a passé ses « vacances » hivernales… dans les forêts d’ Afrique centrale. On ne se refuse rien malgré la hausse du prix des carburants ! Il a voyagé seul, majoritairement de nuit, traversant forêts, déserts et zones montagneuses à haute altitude, de son vol rectiligne. Si le vol ne semble guère efficace quand il est en Europe sur son site de nidification, les ailes longues et fines trahissent tout de même un grand migrateur habitué aux longues distances. 

Au fil des années précoces ou tardives, la moyenne de retour reste toujours dans la première décade d’avril et régionalement il semble un des rares oiseaux à ne pas accuser nettement, a priori, les influences des changements climatiques. Néanmoins sur les 53 années d’ observation sur le Parc, on constate que de 1973 à 1992, la majorité des premières dates de retour sont notées fin mars. Peut-être est-ce dû à son régime alimentaire très particulier composé de chenilles velues urticantes grâce auquel il n’a pas à subir la concurrence d’autres espèces ? 

Mais cela pose un autre problème : en effet, les espèces qu’il parasite ont avancé la date de leur retour de migration, notamment les espèces à courte distance ou même plutôt sédentaires comme l’Accenteur mouchet ou le Troglodyte mignon. Dès lors, il peut arriver en retard pour effectuer sa ponte dans le nid des autres ! Le Coucou gris doit alors se reporter sur des espèces arrivant encore assez tardivement comme les rousserolles, qui subissent par conséquent un parasitisme beaucoup plus important. 

Du fait de sa discrétion, surtout lors de son retour de migration, ces dates d’arrivée sont notées en fonction du chant. Mais celui-ci dépend des conditions physiques de l’oiseau, de la nourriture disponible et de la météo ! Ainsi on se souvient de l’année 2010 où le premier chant est notée le 2 avril, mais il ne fut pas réentendu avant le… 24 avril, du fait d’un gel nocturne et matinal quotidien du 6 au 24 avril ! Le choc de quoi vous couper la voix après les chaleurs tropicales…

Le chant du mâle reste d’abord discret, comme si l’oiseau se faisait la voix. Pas trop de temps de préparation et de vocalises néanmoins, car le territoire occupé doit être défendu contre nombre de mâles qui arrivent progressivement. Le chant sert en effet d’efficace force de dissuasion contre les concurrents de la même espèce, mais aussi de douce ritournelle pour séduire les femelles. Ces dernières s’accouplent avec le ou les premiers venus ; elles n’ont aucun autre « intérêt » à pérenniser cette idylle, car nid et jeunes seront élevés par d’autres espèces de passereaux insectivores. 

…. Comment ça va chez vous ? (Michel Polnareff, 1978).

Texte et illustration : Philippe Carruette 

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