Ignorant tout protocole, arrivé en toute discrétion sans déplacement ou annonce officielle, un jeune Bécasseau tacheté arpente tranquillement les berges en assec du poste 7 le 25 septembre après midi au milieu des Sarcelles d’hiver et des Grands cormorans en reposoir de marée haute. Ce bécasseau niche en effet dans l’Arctique américain et canadien. C’est un grand migrateur nocturne qui va hiverner jusqu’au Chili et en Terre de Feu. Lors des forts coups de vent ou ouragans imprévisibles (comme « Florence » dont nous avons heureusement reçu que les reliquats le week end dernier) il peut traverser l’Atlantique et se retrouver en Europe. C’est le plus régulier des limicoles américains en France, et il est observé pratiquement tous les ans sur le littoral picard ou à l’intérieur mais il n’avait pas été observé sur le Parc depuis 2009 ! Il est relativement facile à reconnaître. Se tenant haut sur pattes, il est un peu plus grand que le Bécasseau variable avec des pattes verdâtres et une bande pectoral grisâtre. Inutile de préciser que quelques minutes après l’observation le poste d’observation était plein d’observateurs, photographes, guides ou visiteurs néophytes pour l’accueillir dignement ! Ce sont des moments de partage de connaissances pour tous et au Marquenterre quelque soit ses connaissances on a bien entendu le droit (et le devoir !) de partager les même plaisirs des yeux du vivant !

Texte : Philippe Carruette – Photo : Frédéric Leviez.