Mésanges rampantes…

La dernière datant de 2015, on assiste en ce moment à une nouvelle « invasion » de Mésanges noires (ce qui était soupçonné dans un précédent article !). Plusieurs milliers de ce petit passereau survolent les pinèdes du Marquenterre. Cet oiseau de 8 à 10 grammes (taille de la Mésange bleue) est facilement reconnaissable à sa tête sombre munie d’une tache blanche à la nuque. Elle affectionne particulièrement les forêts de conifères. Ces milliers de petites migratrices nous arrivent des bords de la Baltique (Pologne, Lituanie, Russie…). Ce phénomène de migration partielle est des plus spectaculaires à observer. Les mésanges ne volent pas haut au-dessus des terres comme les rapaces ou les Cigognes. Elles progressent entre les arbres passant de branches en branches, de bosquet en bosquet. Des groupes d’une cinquantaine d’oiseaux (ou plus !) se succèdent par vagues. Ce type de migration est appelé migration rampante.

En Europe du Nord-Est, une bonne reproduction de Mésanges noires provoque une augmentation de la densité de ses passereaux plutôt sédentaires. Il suffit alors d’une année de mauvaise fructification des arbres, dont les graines sont appréciés et en fin d’été la crise alimentaire survient. La faible ressource alimentaire va provoquer un grand stress dans cette forte population. Les oiseaux vont alors effectuer un véritable exode vers le Sud. De tels départs sont malheureusement sans retour. Peu de mésanges voyageuses reviennent au printemps suivant (une estimation de 10 à 20 % seulement !). Difficile de dire ce qu’il advient d’elles.  Certaines oiseaux s’établissent dans le Sud,  mais il est certaine que énormément périssent, après avoir vécu l’expédition de leur vie…

Texte : Clément Parissot – Photo : Alexander Hiley.

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