Le Circaète Jean le Blanc se reproduit dans le Sud de l’Europe surtout en Espagne, le nord de l’Afrique, la Turquie et de la Pologne à la Sibérie. 2500 à 3300 nichent en France en 2012 avec une tendance à l’augmentation. L’hivernage est en Afrique dans la zone sahélienne.

Ce petit aigle mangeur de serpents était déjà noté au 19ème siècle sur notre littoral ” l’Aigle Jean le Blanc, excessivement rare, se tue quelque fois dans les garennes de Saint Quentin en Tourmont, embouchure de la Somme ” (Cocu 1933). ” Le Jean le Blanc paraît en automne au-dessus des garennes allant rapidement au sud et au printemps se dirigeant vers le nord, ce qui ne l’empêche pas de manger quelques lapins… ” (Labille, 1858)

De 1973 à 1990 une seule observation exceptionnelle a lieu sur le parc  (la première contemporaine pour notre littoral) de ce rapace mangeur de reptiles : 1 le 25 septembre 1990 en vol stationnaire au-dessus de la pinède avant de partir plein sud. Il ne sera pas revu les jours suivants.

En 2013 un oiseau à la tête sombre est photographié le 13 juillet et, est revu le lendemain. Le 21 juillet un deuxième individu à la tête claire est photographié, la mue et le pattern montrent bien qu’il est différent du premier. Ils seront alors identifiés comme des oiseaux immatures.

Une observation remarquable pour sa date tardive même très tardive d’un individu photographié le 6 novembre 2014.

Le 23 juillet 2016 un oiseau est observé chassant sur les prairies du parc sans suite les jours suivants.

Un individu en phase claire (pattern représenté seulement chez 10% de la population) est observé au moins du 16 juin au 17 juillet sur le parc chassant sur les prairies et surtout vers le nord du massif dunaire. C’est la première observation sur les lieux, d’un stationnement prolongé. Quel est le régime alimentaire de l’espèce sur un littoral où les reptiles sont quasi absents (arrivée récente de la Couleuvre à collier sur la basse vallée de la Maye à Rue), et le Lézard vivipare s’il n’est pas rare reste localisé sans forte densité?

Le 23 juin 2020 a lieu une nouvelle observation d’un oiseau de pattern clair photographié par Denis Atinault, avec une photo très intéressante en compagnie d’une Buse variable. L’oiseau présente un début de mue des rectrices.

On constate que les observations se concentrent en été concernant des oiseaux immatures (l’espèce niche à 3 ou 4 ans). La tendance à l’expansion sensible vers le nord (nidification en forêt de Fontainebleau), la tendance à des périodes estivales chaudes, l’arrivée des reptiles et les travaux d’ouverture des milieux dunaires par le Syndicat Mixte Baie de Somme pourraient favoriser l’espèce et multiplier la régularité des observations dans notre région. 

 

Texte : Philippe Carruette / Illustration : Denis Atinault