Les sangliers sont fréquents même en plein après-midi sous la héronnière. Ils savent qu’ils peuvent trouver facilement des restes de nourriture tombés des nids des grands échassiers, mais aussi des cadavres de poussins tombés des pins notamment lors des coups de vent des ces derniers jours.

Mais depuis au moins deux ans, une femelle accompagnée de marcassins s’est spécialisée dans la capture des jeunes échassiers au sol. Spatules, aigrettes ou hérons qui réalisent leur premier vol, ont tendance à se poser au sol, l’atterrissage en altitude est souvent un moment délicat, surtout par grand vent. La femelle de sanglier a perçu ces proies faciles. Elle s’en approche avec calme, fouillant le sol comme tout bon sanglier omnivore.  Les jeunes échassiers nés à 25 mètres de haut ne connaissent guère encore les dangers terrestres, il faut tout apprendre, tout mémoriser ! Arrivée à faible distance, elle accélère et croque les juvéniles ! Le sanglier faute de crocs n’est pas fait pour tuer vite et pour capturer une proie. Il la presse et la broie alors dans ses mâchoires…

François Poidevin, ancien garde passionné de comportement du Domaine du Marquenterre, me relatait le cas d’une laie qui avait pris l’habitude de tuer et consommer des jeunes marcassins dans les compagnies. Ces comportements rares ne sont pas à généraliser à l’espèce, mais font l’objet d’individus qui se spécialisent dans un type de proie, de comportement, d’habitudes qu’ils ont expérimenté avec succès.

Emmanuelle Luissier guide naturaliste au Parc a pu photographier et filmer la capture d’une jeune spatule blanche, illustré ci-dessous.

Texte : Philippe Carruette / Illustrations : Alexander Hiley et Emmanuelle Luissier