Chez les canards, les oies et les cygnes, la mue postnuptiale complète a lieu en été.

Une des particularités chez les anatidés est de former leurs couples en automne et en hiver. Chez la majorité des espèces, la saison des amours débute au printemps.

L’hiver sur le parc nous pouvons observer les jolies couleurs que les canards nous dévoilent afin de séduire leurs femelles pour la reproduction prochaine. Le vert brillant des colverts, le rouge et le rose des siffleurs, le bleu des ailes du souchet et bien d’autres, la palette est complète !

A la fin de leur reproduction, les canards entrent dans la période la plus discrète et sensible de l’année, la mue !

Ce phénomène complexe leur permet ainsi de renouveler l’ensemble du plumage usé.

Durant la formation de ces nouvelles plumes, et surtout au moment de la repousse des rémiges (les plumes des ailes) les oiseaux sont incapables de voler et donc très vulnérables. Cette étape dur quelques semaines, et peut varier selon les individus et les espèces.

Nous pouvons ainsi les observer en été dans la végétation des îlots, sur les berges des plans d’eau, mais beaucoup se cachent dans les roselières. A cette période, le moment le plus crucial pour eux c’est la nuit. Mais pourquoi ? Les canards sont très actifs de nuit, afin de satisfaire leurs besoins alimentaires intensifiés par la dépense énergétique due à la croissance des plumes.

Chez les mâles, la chute des régimes accompagne la perte de leur livrée nuptiale pour ressembler au maximum aux femelles et leurs teintes marron. Hé oui, camouflage = survie !

Les différentes espèces ont alors toutes le même plumage terne et deviennent difficiles à identifier. Vous l’aurez compris, le fait d’avoir un plumage terne à ce moment précis de l’année les rend moins repérables par les éventuels prédateurs !

Les canards sont alors en « éclipse » jusqu’à fin août et courant septembre en général, avant de retrouver leurs belles couleurs grâce à une mue partielle chez les mâles au vue des parades qui arrivent à grands pas !

 

Texte : Léa Coftier / Illustration : Alexander Hiley