L’automne s’accompagne d’un changement de menu chez de nombreux oiseaux. Merles, grives et rouges-gorges diversifient leur régime alimentaire, afin de pallier la raréfaction progressive des insectes et de leurs larves. Sur le Parc du Marquenterre, le choix proposé à la carte demeure varié : baies juteuses et fruits charnus garnissent l’assiette de nos amis à plumes. 

Parmi eux, un mets est particulièrement apprécié : la cenelle de l’Aubépine (Crataegus monogyna). Elle ressemble à une pomme rouge miniature, et renferme un noyau unique. Bien qu’insipide et farineuse, on lui prête de nombreuses vertus médicinales : véritable alliée du cœur, elle renforcerait sa capacité de pompage et calmerait les palpitations. De quoi permettre aux turdidés qui la consomment d’affronter l’hiver bravement !

Arbuste de légendes et de croyances, l’Aubépine doit son nom à la blancheur de son bois et de ses fleurs, qui s’épanouissent en mai, ainsi qu’aux nombreuses épines qui garnissent ses rameaux (alba = blanc, spina = épine). Ces armes défensives sont d’ailleurs estimées des pies-grièches, qui y empalent volontiers leurs proies, avant de les déguster sans autre condiment. Surnommée également “poire d’oiseau” ou “poire de oui-oui”, elle peut aisément atteindre 500 ans. C’est donc un arbre de choix pour garnir une haie, et offrir un restaurant pérenne à l’avifaune sauvage !

Texte et illustrations : Cécile Carbonnier